"Aucune société ne survit sans structure familiale"
Liège, 13mai(APIC) "La famille a-t-elle encore un avenir?", avaient demandé des responsables chrétiens liégois à Mgr Jacques Jullien, archevêque
de Rennes. Deux cents personnes sont venues écouter la réponse proposée par
l’évêque français qui, dans une conférence donnée à Liège mardi soir, a
souligné: "Jusqu’ici, aucune société n’a survécu sans structures familiales".
Accueilli par Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, le conférencier du
jour a été présenté par Pierre Roland, responsable diocésain pour la pastorale familiale. Mgr Jullien, a-t-il rappelé, fut prêtre en paroisse à
Brest, avant de devenir professeur de théologie morale, puis d’être nommé
évêque. Ancien président de la Commission de l’épiscopat français pour la
famille, Mgr Jullien a publié l’an dernier "Demain la famille" (Paris, Ed.
Mame, 1992).
Du bonheur à l’espérence
Dans un langage direct et plein d’humour, l’archevêque de Rennes a évoqué trois aspects essentiels de l’existence des familles. La famille, a-til montré, est à la fois un lieu de bonheur, un lieu d’épreuve et un lieu
d’espérance. Cette espérance, Mgr Jullien l’a éclairée à la lumière de
l’Evangile, non sans avoir rappelé cette affirmation de Jean Paul II:
"L’avenir de l’humanité passe par la famille" (exhortation apostolique "Familiaris consortio").
La famille, a montré Mgr Jullien, est l’aboutissement d’une longue série
d’intégrations: de la sexualité à l’amour, de l’amour au mariage, du mariage à la famille, de la famille à l’amour... C’est moyennant la réussite de
ces intégrations que la famille peut être "matrice de la personne" et "berceau de la société".
L’archevêque de Rennes a également parlé des différentes épreuves vécues
par la famille. Certaines sont liées à l’évolution et à la maturation même
de la vie familiale: il en va ainsi de l’évolution du couple dans son projet et notamment de l’accueil des enfants. D’autres épreuves sont liées à
des "désintégrations en chaîne" dans la société: ainsi, lorsque la sexualité est dissociée de l’amour, puis l’amour du mariage, etc.
Et pourtant, devait observer Mgr Jullien, "des espoirs sont nés de l’excès même de la crise". Ces espoirs concernent précisément ce que l’archevêque a appelé une "capacité de régénération de l’amour". Pour Mgr Jullien,
l’Evangile éclaire singulièrement l’expérience humaine de l’amour et de la
famille. Et d’évoquer notamment les récits de la rencontre des disciples
d’Emmaüs, des noces de Cana, de la parabole du Père miséricordieux et du
fils prodigue, du don surabondant à partir des cinq pains et des deux poissons...
Optimisme
Au cours du débat qui a suivi la conférence de Mgr Jullien, de nombreuses questions ont été posées à l’évêque. "Que devons-nous faire devant les
faux pas de nos enfants...? De plus en plus de jeunes ont des relations
sexuelles avant de se marier, ou même cohabitent...!" lui ont demandé des
parents. D’autres l’ont interrogé sur la signification actuelle du mariage
civil, sur le problème délicat de l’union des personnes handicapées, sur
l’adoption des enfants ou encore sur l’accueil des personnes divorcées et
remariées.
A chaque fois, Mgr Jullien a répondu avec nuances et sur un ton optimiste, ce que Mgr Houssiau n’avait pas manqué de souligner auparavant, remerciant son confrère évêque pour sa confiance dans la volonté créatrice de
Dieu et constatant que "l’avenir de la communauté humaine est intimement
lié à celui de la communauté chrétienne". (apic/cip/cb)