Mgr Decourtray, un évêque peu préoccupé par sa cote de popularité (280989)
Lyon, 28septembre(APIC) Pour Mgr Albert Decourtray, archevêque de Lyon et
président de la Conférence des évêques de France, "l’essentiel ne fait pas
de bruit". Dans une interview publiée le 28 septembre dans le quotidien "La
Croix", le primat des Gaules souligne l’effet déformant des médias audiovisuels qui privilégient souvent le plus frappant et le plus superficiel.
Pour Mgr Decourtray, "les réalités profondes sont discrètes".
Pour l’évêque de Lyon, ce n’est pas l’image qui compte, mais la vérité.
"L’essentiel est de rester libre par rapport à l’opinion publique... Je ne
pense pas que Jésus aurait fait un score très positif dans les sondages le
Vendredi saint. L’Eglise du Christ est l’Eglise des saints et des martyrs,
non des démagogues".
Ses diverses prises de position récentes sur le film de Scorsese, la pilule RU 486, les préservatifs ou bien le carmel d’Auschwitz ont été perçues
de façon très diverses par les catholiques français. A ce propos, le cardinal Decourtray dénonce l’effet grossissant des médias audiovisuels qui ne
permettent pas de voir les choses en profondeur. Le cardinal Decourtray
donne l’exemple d’une interview "d’une rare profondeur" d’une carmélite
d’Auschwitz parue dans "La Croix", mais qui n’aurait pas pu passer telle
quelle à la télévision.
Quinze mois après le schisme d’Ecône : pas encore le moment du bilan
Le cardinal Decourtray pense que l’heure n’est pas encore venue pour
faire un bilan du schisme d’Ecône. Toutefois, il avoue qu’il espérait qu’un
nombre plus grand de partisans de Mgr Lefebvre accueillerait favorablement
les propositions faites par le pape dans le motu proprio "Ecclesia Dei" et
la fondation de la Fraternité Saint-Pierre. Il pense à ce propos que les
intégristes ont été tellement persuadés pendant des années de l’infidélité
à la tradition de l’épiscopat français et de Vatican II qu’il n’est pas facile actuellement pour eux de dire "oui" à Jean Paul II. Selon le cardinal
Decourtray, "il faut laisser du temps au temps".
Au sujet de l’intervention du Vatican dans l’affaire du carmel d’Auschwitz, Mgr Decourtray est satisfait, mais sans enthousiasme. Il espérait que
les accords de Genève soient compris et suffiraient à régler ce problème.
Mais, il reconnaît que le silence du pape était mal perçu alors que "maintenant les choses sont claires". L’archevêque de Lyon se déclare heureux
car il est désormais possible de reprendre le dialogue avec les juifs". "Je
souffrais, ajoute-t-il, de voir compromis ce dialogue qui, si longtemps impossible, avait fait des progrès considérables depuis Jules Isaac et connu
un nouvel essor avec le Concile! La méfiance reprenait le dessus dans les
milieux juifs". (apic/cx/bd)