Mexico, 13mai(APIC) Samedi après-midi, Jean Paul II est retourné à Mexico, où à Lago de Guadalupe il a béni le nouveau siège de la conférence
épiscopale mexicaine. Dans un long discours aux évêques du pays, il s’est
attaché à toute une série de problèmes, ecclésiaux ou non, de la société
mexicaine.
Le pape a mis en garde contre la "sécularisation croissante" et la société de consommation et souligné le "besoin urgent" d’une nouvelle évangélisation. Il a relevé le problème de la dette extérieure et affirmé qu’"il
est temps de proposer une économie solidaire". A propos des sectes, les
"nouveaux groupes religieux", il a fait remarquer que leur succès est
souvent dû au "peu d’enthousiasme" et à "l’indifférence" des représentants
de l’Eglise "qui ne sont pas à la hauteur de leur mission d’évangélisation".
Jean Paul II a aussi condamné la théologie de la Libération. "Quelques
secteurs de l’Eglise en Amérique latine continuent à être sous l’influence
de certains courants idéologiques qui, en obéissant à des prémices déterminées et en leur subordonnant le message révélé, ont mis en doute quelques
points fondamentaux de l’enseignement catholique". Le pape a indiqué que
l’Eglise mexicaine n’est pas privée de "quelques prémices de certaines
idéologies de la libération qui représentent des risques concrets pour la
foi et la vie chrétienne elle-même". "Ces versions erronées et réductrices
de la libération continuent à diffuser un esprit conflictuel et causent de
douloureuses fractures qui exigent une réconciliation autour de la vérité
qui vient de Dieu", a-t-il poursuivi.
Le pape a largement et de manière explicite parlé des relations entre
l’Eglise et l’Etat au Mexique. Le problème est délicat dans ce pays, où la
constitution fixe de nombreuses limites à la vie ecclésiale. En se référant
au Concile Vatican II, Jean Paul II a souligné que l’Eglise ne peut être
identifiée à un système ou un parti politique, ajoutant que cela ne signifie pas qu’elle n’a rien à dire à la communauté politique. Il a précisé, en
parlant de l’influence que l’Eglise peut avoir par exemple sur la vie familiale, qu’il ne s’agit pas d’une "ingérence illégitime dans un domaine
étranger", mais d’un service pour toute la communauté. le pape a exprimé sa
"vive satisfaction pour le climat de meilleure entente et de collaboration
qui est en train de s’instaurer entre l’Eglise et les autorités civiles au
Mexique. A ce propos, il s’est référé à la récente nomination par le président mexicain Carlos Salinas de Gortari d’un envoyé personnel auprès du Vatican.
Jean Paul II s’est ensuite arrêté sur le problème de l’actuelle législation civile mexicaine en matière religieuse, citant les mots de Mgr Adolfo
Suarez Rivera, président de la Conférence épiscopale mexicaine à l’ouverture de la dernière assemblée plénière: "L’Eglise au Mexique veut être
considérée et traitée non comme une étrangère, et moins encore comme un
ennemi qu’il faut affronter et combattre, mais comme une force alliée de
tout ce qui est bon, noble et beau. Elle ne met pas son espérance dans les
privilèges qui lui sont offerts par les autorités civiles". Le pape a
ensuite observé que Vatican II a souligné que "la liberté religieuse dans
la majeure partie des constitutions est déjà déclarée droit civil et est
solennellement reconnue dans des documents internationaux". Il a ajouté que
le Concile Vatican II avait lancé un appel pour que "partout la liberté
religieuse soit défendue par une protection juridique efficace et que
soient respectés les devoirs et les droits suprêmes des hommes pour
exprimer la vie religieuse dans la société". (apic/jt/cor)