Mexique: Légalisation de l’Eglise catholique (070989)
Mexico, 7septembre(APIC) Le pape Jean Paul II, qui effectuera au mois de
mai 1990 son deuxième voyage au Mexique, pourrait être appelé à jouer un
rôle de médiateur en vue de la légalisation de l’Eglise catholique dans ce
pays, a révélé à Mexico le délégué apostolique Mgr Girolamo Prigione. Cette
légalisation mettrait fin à la marginalisation dont est victime l’Eglise
catholique au Mexique depuis le XIXe siècle .
Le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), au pouvoir actuellement
au Mexique, a été fondé en 1929 par l’ancien président Plutarco Elias Calles. Connu pour avoir des racines anticléricales, ce parti n’a depuis lors
jamais perdu une élection. L’actuelle Constitution mexicaine, en son article 130, défend à l’Eglise le droit à la propriété; nie le droit de vote au
clergé; prohibe le port de la traditionnelle soutane; défend à l’Eglise
d’exercer des activités politiques, éducatives et culturelles.
Le Mexique est aujourd’hui l’unique pays en Amérique Latine à ne pas entretenir de relations diplomatiques avec le Vatican. Une situation qualifiée d’"anachronique" par la majorité des politiciens mexicains. Selon des
sources diplomatiques, il est cependant possible que la visite du pape au
Mexique mette un terme à cette situation et que le pays s’achemine vers la
reconnaissance officielle de l’Eglise. "Ce serait l’occasion de rompre avec
cet anachronisme, mais il existe encore des récalcitrants dans d’importants
secteurs du PRI", précise-t-on de mêmes sources.
Pour sa part, l’Eglise mexicaine, marginalisée depuis le XIXe siècle,
s’active pour préparer le terrain en vue de cette légalisation. Une Commission formée d’évêques élabore actuellement un projet de réforme de l’article 130 de la Constitution, ainsi que l’affirme l’archevêque de Querétaro,
Mgr Mario de Gasperin. Ce dernier a en outre précisé que "les relations entre l’Eglise et l’Etat sont cordiales", mais a souligné que "la lutte pour
obtenir la reconnaissance juridique de l’Eglise se poursuivra jusqu’à éliminer ce que nous considérons être une violation des droits de l’homme et
de la volonté du peuple, à 90% catholique au Mexique". (apic/selat/pr)