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    Les producteurs et les trafiquants d’alcool

    Mexique: le lobby de l’alcool expulse des chrétiens (290792)

    se sentent menacés dans leurs intérêts

    Genève, 29 juillet (APIC) A la fin de 1991, le gouvernement mexicain a supprimé dans la Constitution toutes les restrictions à la liberté de religion

    qui y figuraient depuis 1917. Les minorités protestantes dans les contrées

    éloignées continuent cependant à être opprimées. Ainsi, selon Christian solidarity international (CSI), un millier d’indiens en majorité presbytériens de San Juan Chamula sont menacés d’expulsion.

    Ce sont avant tout les producteurs et les trafiquants d’alcool de la région qui cherchent à chasser ces chrétiens car ils menacent leurs intérêts.

    Depuis 25 ans plus de 23.000 indiens protestants appartenant à différentes

    communautés de l’Etat fédéral de Chiapas sont devenus des réfugiés dans

    leur propre pays. Les chances pour qu’ils puissent retourner dans la région

    d’où ils proviennent sont très minces.

    Bois ou pars !

    La consommation exagérée de boissons alcooliques pose un sérieux problème chez les indiens. La conversion de nombreux indiens au protestantisme

    s’est souvent accompagnée d’un renoncement à l’alcool. Pour les producteurs

    et les trafiquants d’alcool, ce changement de comportement entraîne un manque à gagner important. Les autorités locales de leur côté voient une partie importante des rentrées fiscales disparaître. Elles redoutent aussi une

    défaite électorale provoquée par le lobby de l’alcool, au cas où elles

    prendraient la défense des Indiens chrétiens. Les autorités assistent donc

    souvent sans intervenir à ces actes d’expulsion et y participent même parfois.

    Les "alcoolistes" n’y vont pas par quatre chemins pour chasser les Indiens. A Amatenango del Valle, par exemple, les conduites d’eau pour l’alimentation des maisons et pour l’arrosage des champs ont été coupées. Les

    temples sont transformés en granges. Les autorités tardent souvent des années avant d’accorder les autorisations pour la rénovation des temples. On

    assiste à des saccages de maisons et de temples, à des arrestations et même

    à des assassinats de protestants. Au début de 1989 deux prédicateurs protestants ont été lapidés. Le temple de Xochinanacatlan a été endommagé deux

    fois en l’espace de deux ans. Lors d’une troisième attaque, il a été pratiquement rasé. En novembre 1991 deux pasteurs et deux pentecôtistes du village de Nuevo Acambay ont été arrêtés. On les accusait d’avoir dérobé des

    objets religieux dans une Eglise catholique.

    Coups, humiliation et rien à manger

    En mars 1992, 17 protestants de Chojtic ont été arrêtés. Ils avaient refusé de participer à la fête du village où l’abus de l’alcool est encouragé. Des protestants d’El Mozote, un village voisin, ayant manifesté leur

    réprobation, 29 d’entre eux ont été jétés en prison. Ces 46 personnes sont

    restées trois jours derrière les barreaux sans nourriture et furent frappées et arrosées d’essence. IL a fallu l’intervention du gouverneur du Chiapas, Patrocinio Gonzàlez Garrido et Christopher Smith deputé au congrès

    américain auprès de la Commission mexicaine des droits de l’homme pour que

    ces personnes soient relâchées. (apic/csi/ak).

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