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    Béatification de quatre Indiens et d’un prêtre mexicains

    Mexique: début de la 47e visite pastorale du pape à l’étranger (070590)

    Mexico, 7mai(APIC) Le pape Jean Paul II a entamé dimanche au Mexique sa

    47e visite pastorale à l’étranger, la deuxième dans ce pays et la 9e en

    Amérique latine, par la béatification de quatre Indiens mexicains du XVIe

    siècle et d’un prêtre, au cours d’une cérémonie célébrée quelques heures

    après son arrivée à l’aéroport en la basilique de Guadalupe, le plus haut

    lieu saint du Mexique.

    Contrairement à ce qui avait d’abord été prévu, ce n’est pas le ministre

    mexicain des Affaires étrangères, mais le président Salinas en personne qui

    est venu accueillir Jean Paul II. Et si son prédécesseur, lors de la première visite, avait salué le pape par un "bonjour, Monsieur", c’est cette

    fois "Sa Sainteté" que Carlos Salinas a saluée. Une entorse à la Constitution la plus anticléricale d’Amérique latine, que Jean Paul II a du reste

    lui même violée dès le premier jour de sa visite, en se présentant revêtu

    de sa traditionnelle soutanne blanche: la Constitution de 1917 interdit entre autres de porter des habits religieux dans les lieux publics. Une Constitution qui est d’ailleurs violée impunément chaque jour et qui le sera

    encore au cours de cette visite papale, puisqu’elle interdit également la

    célébration d’Office religieux en dehors des lieux de culte.

    "Le Seigneur a disposé que mon pontificat sera celui d’un ’pape pèlerin’

    de l’évangélisation, pour parcourir les chemins du monde en apportant partout le message de salut. Et le Seigneur a voulu que mon pèlerinage s’inaugure précisément par un voyage au Mexique", a déclaré Jean Paul II à son

    arrivée à Mexico à 13h.40 (21h.40). Dans son discours, le pape, après avoir

    évoqué sa première visite en 1979, a exhorté les catholiques mexicains (95%

    de la population) à "prendre davantage conscience de leurs responsabilités"

    et à "s’engager avec un enthousiasme renouvelé dans la construction d’une

    société plus juste, fraternelle et acueillante".

    S’exprimant à propos de la célébration en 1992 du cinquième centenaire

    de l’évangélisation du continent et de la prochaine assemblée de l’épiscopat latino-américain, Jean Paul II a renouvelé l’appel qu’il avait déjà

    lancé aux Eglises pour que ces dernières entreprennent une nouvelle évangélisation. Au sujet de l’assemblée de l’épiscopat, il a dit son espoir de

    pouvoir inaugurer lui-même la quatrième assemblée générale du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), qui se tiendra à Saint-Domingue en 1992

    également.

    Au sanctuaire de Gualalupe

    De l’aéroport, un long cortège a escorté le pape jusqu’à Tepeyac, une

    colline de la capitale où la "Madre Morena" (la Vierge noire) est apparue à

    l’Indien Juan Diego (9 décembre 1531) et où l’attendaient quelque deux millions de pèlerins, selon les estimations des autorités religieuses.

    Si le Mexique est une terre de fêtes, aucune ne peut rivaliser avec celle de Notre-Dame de Guadalupe pour ce qui est de la ferveur populaire et de

    l’affluence. Ils sont chaque année des centaines de milliers de Mexicains

    à se rendre au sanctuaire pour y vivre, le 12 décembre, la plus religieuse

    - et la plus patriotique - des kermesses. Car si Guadalupe est devenu un

    véritable symbole national, c’est parce qu’à Tepeyac, où était vénérée une

    déesse aztèque, s’est opérée la rencontre d’une race spoliée et d’un peuple

    nouveau.

    Représentant typique d’un peuple en recherche, Juan Diego, l’un des quatre Indiens béatifiés, avait reçu le baptême à l’âge de 47 ans. Lors d’une

    de ces nombreuses marches, la Vierge apparut à celui qu’on appelait déjà

    "le pèlerin". Malgré l’explosion des pèlerinages, que ne pouvait freiner la

    méfiance d’une Eglise qui craignait la renaissance de l’ancienne religion

    (ce n’est qu’en 1754 que Benoît XV reconnaît la tradition de Guadalupe),

    Juan Diego s’effaça après les apparitions, après avoir travaillé de ses

    mains à la construction d’un sanctuaire. Il se retira dans une cabane construite à proximité et mourut pauvrement en 1548.

    Guadalupe a joué un rôle décisif dans la conservation de la foi au Mexique. Aujourd’hui encore, on trouve des images de la Vierge noire partout au

    Mexique, dans les églises, dans les foyers, et jusque dans les magasins et

    les autobus. Notre-Dame de Guadalupe a été proclamée patronne du Mexique,

    puis des Amériques, et, enfin, des Philippines.

    Au cours de la messe qu’il a célébrée dans la basilique du sanctuaire,

    Jean Paul II a proclamé quatre nouveaux bienheureux: trois enfants martyrisés pour leur foi à Tlaxcala, au XVIe siècle, et un prêtre, José Maria

    (1851-1904), apôtre des pauvres et fondateur d’une congrégation religieuse.

    Le pape a également confirmé au cours de cette première journée le culte

    dont est l’objet Juan Diego. La reconnaissance de ce culte, a-t-il souligné

    dans son homélie, est "un important appel adressé à tous les fidèles laïcs

    du Mexique, afin qu’ils assument toutes leurs responsabilités dans la

    transmission du message évangélique". (apic/cip/jt/pr)

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