Mexique: cinquième journée de la visite du pape (110590)
Rome, 11mai(APIC) "Les Etats doivent reconnaître aux parents le droit
d’éduquer leurs enfants selon leurs propres convictions religieuses", a déclaré le pape jeudi 10 mai dans la ville mexicaine de Chihuahua, où il
s’était rendu lors de la 5e journée de son voyage dans ce pays.
Jean Paul II s’est référé aux organisations nationales et internationales qui réclament que la liberté de l’éducation religieuse - reconnue par
la Déclaration universelle des Droits de l’homme - ne soit pas restreinte
par les législations de certains pays. Il a insisté d’autant plus fortement
sur ce point qu’au Mexique seules les écoles publiques sont reconnues.
A l’occasion de la fête des mères, le pape a attiré l’attention sur le
rôle de la femme, "appelée à maintenir en vie la flamme de ce mystère
qu’est une nouvelle vie". Il a plaidé en faveur d’une "ouverture à la vie",
demandant aux couples mariés de ne pas éliminer artificiellement la
possibilité de conception d’un enfant, car dans ce cas, les époux
"s’opposeraient à la volonté de Dieu".
L’éducation des enfants, si elle bénéficie de l’aide apportée par l’école et les organisations d’Eglise, "dépend surtout de la famille", a souligné Jean Paul II. La famille, "première école de vie", doit préparer les
enfants à la responsabilité personnelle sous tous ses aspects, y compris en
ce qui concerne la sexualité, laquelle doit toujours être orientée vers
l’amour comme don de soi".
Dans l’après-midi, le pape s’est rendu à Monterrey, la troisième ville
du pays, où il a célébré l’eucharistie dans le lit desséché du fleuve Santa
Catarina. Au cours de son voyage depuis Chihuahua, il avait prié pour les
victimes de l’accident d’avion survenu à Tuxtla-Gutierrez.
A Monterrey le pape a à nouveau abordé les problèmes du monde du
travail. "L’on ne peut à la fois servir Dieu et l’argent", a-t-il rappelé
avant de dénoncer le fait que "la production, le profit, le progrès
économique semblent être le but de toute action humaine". Jean Paul II a
déploré que le profit et l’économie soient en passe de devenir les seuls
critères en fonction desquels on juge les personnes et les peuples.
Refusant que l’homme soit jugé sur la base de ce qu’il possède et de ce
qu’il est, le pape a souligné que la valeur de l’homme vient de Dieu, à
l’image duquel il a été créé. Il est donc inacceptable que l’homme "soit
subordonné à ce qui lui est inférieur dans la hiérarchie de la nature". Le
but de l’existence de l’homme n’est pas borné à la terre et aux biens matériels; même à travers son travail, l’homme a un autre but, a précisé Jean
Paul II: chercher Dieu.
Le pape a critiqué le système économique qui fait du profit son moteur
principal et subordonne l’homme au capital, le considérant ainsi "comme un
simple engrenage de la machine productive". (apic/cip/cor)