En ce 2 novembre 2024, jour où l’Église catholique commémore tous les fidèles défunts, le pape François s’est rendu dans la matinée au cimetière Laurentino, dans le sud de Rome. Il s’est recueilli sur la parcelle dédiée aux enfants mort-nés et a célébré une messe durant laquelle il n’a pas prononcé d’homélie, préférant observer un temps de silence.
Comme chaque année au lendemain de la Toussaint, le pape est sorti du Vatican pour se rendre en voiture dans un cimetière de la Ville éternelle. Il a choisi cette fois-ci le cimetière Laurentino – troisième cimetière de Rome en termes de superficie avec ses 21 hectares –, qu’il avait déjà visité en 2018.
Le Jardin des anges
En arrivant sur place sous un grand soleil, le pape s’est rendu en premier lieu au “Jardins des anges”, un petit terrain de 600 mètres carrés abritant les dépouilles d’enfants mort-nés. En fauteuil roulant, dans le silence de la campagne alentour, le pontife s’est recueilli devant les petites stèles blanches couvertes de peluches et de jouets.
Au pied des deux statues d’anges veillant sur le jardin, il a aussi déposé une gerbe de roses blanches pour ces enfants qui n’ont jamais vu le jour. Ce geste résonnait avec l’intention de prière du pape de ce mois de novembre, qui invite les catholiques à prier pour les parents qui ont perdu un enfant. «Lorsqu’un conjoint perd l’autre, il devient un veuf ou une veuve. Un enfant qui perd un parent est un orphelin ou une orpheline. Il y a toujours des mots pour exprimer ces situations, mais pour un parent qui perd son enfant, il n’y a pas de mots.»
L’évêque de Rome s’est ensuite rendu sur le lieu de la messe en plein air, installé devant la chapelle du cimetière, et bordé de cyprès. Quelque 600 personnes l’y attendaient, dont le maire de la ville, Roberto Gualtieri, des représentants des forces de l’ordre italiennes ainsi que du personnel de l’Ama, société qui assure la gestion des déchets et la manutention des cimetières de la capitale.
Le pontife a présidé une liturgie sobre, choisissant d’observer quelques minutes de silence au moment de l’homélie. Durant la messe, les fidèles ont prié notamment pour «les victimes de la haine, des guerres et de la violence».
Huit cimetières en douze ans
En douze ans, le pape a visité 8 cimetières différents, rappelle La Croix. Les trois premières années après son élection en 2013, il a choisi le plus important cimetière de la capitale italienne, celui du Verano, où Jean Paul II s’était rendu 12 fois entre 1979 et 1993, également autour de la solennité de la Toussaint.
À trois reprises, François s’est ensuite recueilli dans un cimetière militaire de la capitale: le cimetière américain de Nettuno en 2017, le cimetière français en 2021 et le cimetière du Commonwealth en 2023, où le pape avait demandé, sous une forte pluie, que «les gens cessent de s’entretuer dans les guerres ».
Le 2 novembre 2019, il est entré pour la première fois de sa vie dans les catacombes de sainte Priscille, au nord de Rome. «Nous pouvons penser à la vie de ces gens qui devaient se cacher pour célébrer leurs morts», avait dit le pape, priant pour les chrétiens persécutés. En 2020 et 2022, il est resté à l’intérieur de l’enceinte du Vatican, dans le «Campo Santo», l’un des plus anciens cimetières allemands de Rome.
¨Au terme de la célébration, le pape François a prononcé une prière souhaitant le réconfort de ceux qui vivent «la douleur de la séparation» après la mort d’un proche. Il a confessé la foi chrétienne en la résurrection, assurant que «même les corps mortels se réveilleront au dernier jour, et ceux qui se sont endormis dans le Seigneur seront associés à Lui dans le triomphe sur la mort».(cath.ch/imedia/ak/bh)
31/10/2024
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Même si tous les médias, y compris catholiques, l’associent systématiquement à mort, la Toussaint est avant tout une grande fête de la vie. Elle rassemble «le peuple immense de ceux qui cherchent la face du Seigneur.» Retour avec le pape François sur l’appel à la sainteté.