Devant une centaine de personnes – dont 80 pauvres – réunies dans l’antique sanctuaire de Sainte-Marie de la Rotonde d’Albano, le pape a célébré une messe placée sous le signe de «l’accueil» de toutes les pauvretés et de «la charité», le 17 août 2025.
Ce matin, le pape Léon XIV est arrivé en voiture au sanctuaire de Sainte-Marie de la Rotonde situé à environ trois kilomètres de son lieu de villégiature de Castel Gandolfo. Cet édifice, consacré au culte de la Vierge dès le XIe siècle, fut d’abord le nymphée de la villa de l’empereur Domitien (51-96). Son architecture est comparable au Panthéon de Rome.
Dans son homélie, le pape n’a pas manqué de faire une allusion à la géométrie du lieu. «Sa forme circulaire, comme celle de la place Saint-Pierre et d’autres églises anciennes et nouvelles, fait que nous nous sentons accueillis dans le sein de Dieu», a-t-il confié. Devant lui se tenaient des personnes démunies, certaines provenant des structures d’accueil et des foyers familiaux de la région d’Albano, d’autres étant des sans-abri pris en charge par la Caritas du diocèse.
Dans le sillage de son prédécesseur le pape François, Léon XIV a insisté sur le caractère inclusif de l’Église, une réalité qui, de l’extérieur, «peut nous sembler anguleuse», a-t-il reconnu. «Mais sa réalité divine se manifeste lorsque nous franchissons le seuil et que nous y trouvons un accueil», a souligné le pape. «Alors, notre pauvreté, notre vulnérabilité et surtout nos échecs pour lesquels nous pouvons être méprisés et jugés – et parfois nous nous méprisons et nous jugeons nous-mêmes –, sont enfin accueillis dans la douce force de Dieu», a-t-il assuré.
«Abattons les murs»
Le pape a remercié ceux qui s’engagent à «porter le feu de la charité» auprès des plus vulnérables. Mais il a invité les catholiques à ne pas faire de distinctions entre «ceux qui aident et ceux qui sont aidés, entre ceux qui semblent donner et ceux qui semblent recevoir, entre ceux qui semblent pauvres et ceux qui se sentent capables d’offrir leur temps, leurs compétences, leur aide». «Nous sommes l’Église du Seigneur, une Église de pauvres», a-t-il lancé avant de glisser un peu plus loin: «Abattons les murs».
Car pour le chef de l’Église catholique, les marginalisés sont ceux qui «portent la pauvreté du Christ». «Ne laissons pas le Seigneur hors de nos églises, de nos maisons et de notre vie», a-t-il demandé, liant l’accueil de la pauvreté à l’accueil du Christ.
Dans son homélie, le pape a aussi invité à ne pas confondre «la paix avec le confort» ou le «bien avec la tranquillité». Il a rappelé que le Christ était venu apporter le feu sur la terre, mais «non pas le feu des armes ni celui des paroles qui réduisent les autres en cendres», mais le «feu d’amour, qui s’abaisse et sert». (cath.ch/imedia/hl/bh)