Message de Jean Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix (151287)
Rome, 15décembre(APIC/CIP) Le message du pape Jean Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix du 1er janvier 1988 a été présenté mardi 15
décembre au Vatican. Dans ce message, le pape traite de "la liberté religieuse, condition pour vivre ensemble la paix", affirmant que la liberté
religieuse fait partie intégrante des droits de l’homme.
Le pape définit d’abord la liberté religieuse comme "une pierre angulaire dans l’édifice des droits humains". "La liberté de professer et de pratiquer sa religion, écrit-il, est un des éléments essentiels de la convivialité pacifique des hommes."
Mais, quarante ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, le pape doit bien constater que "des millions de per- sonnes souffrent
encore, en diverses régions du monde, à cause de leurs convictions religieuses et sont victimes des législations répressives et oppressives, parfois
de persécutions ouvertes, plus souvent de pratiques subtiles de discriminations à l’égard des croyants et de leurs communautés".
Cet état de choses, insiste le pape, est en soi intolérable et constitue
"une lourde hypothèque pour la paix". Le pape rappelle encore l’expérience
de la Rencontre de prière qui eut lieu à Assise le 27 octobre 1986 et qui
vit des représentants des principales communautés croyantes à travers le
monde exprimer ensemble que "la paix est un don d’en haut".
Dignité et liberté de la personne
Dans le premier des cinq grands chapitres abordés par le pape dans son
message, il est question de la dignité et de la liberté de la personne humaine. "La personne est le fondement et la fin de l’ordre social", écrit le
pape, car la personne est le sujet de droits inaliénables et ne reçoit pas
ces droits de l’extérieur mais ils découlent de sa nature même.
"De ce principe premier et fondamental de l’ordre social, selon lequel
la société a pour fin la personne, découle l’exigence que toute société
doit s’organiser de manière à permettre à l’homme de réaliser sa vocation
en pleine liberté et, plus encore, de l’y aider", poursuit le pape.
"Les autorités civiles ont le devoir, précise Jean Paul II, de faire en
sorte que les droits des individus et des communautés soient respectés.
(...) En aucun cas, l’organisation de l’Etat ne peut se substituer à la
confiance des citoyens, ni retirer à leurs associations religieuses leur
espace vital ou prendre leur place."
Un patrimoine commun
Le pape constate que, fréquemment, le droit à la liberté n’est pas "correctement compris" et qu’il n’est pas assez respecté. "Il y a d’une part,
écrit-il, des formes d’intolérance spontanée" et d’autre part, dans un certain nombre de pays, "des normes légales et des pratiques administratives
qui limitent ou annulent, en fait, les droits que les constitutions reconnaissent formellement aux croyants individuels et aux groupes religieux".
"Enfin, ajoute le pape, il existe aujourd’hui encore des législations et
des réglementations qui n’incluent pas le droit fondamental à la liberté
religieuse ou en prévoient des limites tout à fait injustifiées."
"L’Eglise catholique, pour sa part, insiste le pape, ne cesse de montrer
sa solidarité à ceux qui souffrent de discrimination et de persécution en
raison de leur foi". De plus, "le Saint-Siège désire apporter sa contribution spécifique dans les réunions internationales ou est débattue la défense des droits de l’homme et de la paix".
La liberté religieuse et la paix
Dans un troisième chapitre, le pape affirme que "la liberté religieuse
est un facteur de grande importance pour renforcer la cohésion morale d’un
peuple" et que la foi religieuse, en amenant l’homme à comprendre son humanité d’une manière nouvelle, le conduit à se retrouver, par le don sincère
de lui-même, profondément solidaire des autres hommes".
"La foi religieuse rapproche et unit les hommes, dit le pape. Elle en
fait des frères, les rend plus attentifs, plus responsables et plus
généreux dans leur service du bien commun." Il faut veiller, ajoute le
pape, à conserver à "la confrontation entre la conception religieuse du
monde et la conception agnostique ou même athée - qui est un des signes des
temps de notre époque - des dimensions humaines, loyales et respectueuses,
sans porter atteinte aux droits essentiels de la conscience de tout homme
ou toute femme qui vivent sur la terre".
Responsabilité des croyants
Les croyants ont évidemment des responsabilités propres à assumer. "Les
responsables des confessions religieuses sont tenus de présenter leur enseignement sans se laisser influencer par des intérêts personnels, politiques et sociaux". "De même, ajoute le pape, ceux qui adhèrent aux diverses
religions devraient, individuellement et en communauté, exprimer leurs convictions et organiser le culte ainsi que toute autre activité particulière
en respectant aussi les droits des autres personnes qui n’appartiennent pas
à cette religion ou qui ne professent pas un credo".
Le pape se félicite de "voir parmi les responsables des confessions religieuses, comme chez les simples fidèles, une attention toujours plus vive, un désir toujours plus fort de travailler en faveur de la paix". C’est
dans ce contexte qu’il rappelle la rencontre d’Assise d’octobre 86, ou les
responsables des principales religions du monde se sont rassemblés pour affirmer ensemble leur détermination commune à bâtir la paix.
L’engagement des chrétiens
Quant aux "disciples du Christ", Jean Paul II les engage à vivre pleinement et en toute responsabilité la liberté de "Fils de Dieu" qui, a leurs
yeux, dévoilent des perspectives de vie transcendante. Il les invite à
s’engager de toutes leurs forces à vivre le commandement nouveau de
l’amour, en se laissant illuminer par la paix qui leur est donnée et en la
rayonnant autour d’eux.
Mais, ajoute encore le pape, "les conditions ou se trouve le monde ne
nous facilitent pas la tâche". "La tentation de la violence nous guette
sans cesse. L’égoïsme, le matérialisme, l’orgueil rendent l’homme toujours
moins libre et la société toujours moins ouverte aux exigences de la fraternité."
"Il ne faut pourtant pas, précise le pape, nous décourager : Jésus,
notre Maître et Seigneur, est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du
monde." (apic/jt/be)