Démenti du porte-parole du Saint-Siège
Rome, 5mars(APIC/CIP) Le quotidien italien "Paese Sera" a publié dans son
édition du 4 mars le texte intégral de la traduction italienne d’un mémorandum du pape Jean Paul II remis à Mikhaïl Gorbartchev le 13 juin dernier
par le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, lors des
célébrations du millénaire du baptême de la Russie. Le porte-parole de la
salle de presse du Saint-Siège a démenti le jour même qu’il s’agissait effectivement de ce document.
"Je peux affirmer clairement que le texte diffusé aujourd’hui n’est pas
le mémorandum remis à M. Gorbatchev par le Secrétaire d’Etat, le cardinal
Casaroli, lors de sa visite à Moscou en juin dernier", a-t-il déclaré. Et
ce, même si le texte "correspond aux situations étudiées et présentées à
différents niveaux et en diverses occasions sur la réalité de l’Eglise en
Union soviétique, que, bien évidemment, le Saint-Siège suit de très près".
Navarro Valls déplore "non pas tant la publication de ce texte", mais "sa
présentation arbitraire".
Le mémorandum publié par "Paese Sera" donne un large aperçu de la situation passée et présente des catholiques en URSS, avec des données statistiques sur les fidèles, le clergé, les religieux, les paroisses, les séminaires... La première partie du document est consacrée à l’Eglise catholique
de rite latin dans trois régions : l’ancien empire russe et les républiques
d’Asie; la Biélorussie et l’Ukraine occidentale; et les trois républiques
baltes de Lituanie, d’Estonie et de Lettonie. Le mémorandum fait apparaître
clairement les difficultés que rencontrent cette l’Eglise et ses ministres.
C’est notamment le cas en Lituanie, ou les évêques et leurs collaborateurs
directs ont été et sont encore en butte à de nombreuses difficultés, ou les
congrégations religieuses sont supprimées, ou l’activité pastorale et la
catéchèse sont sujettes à de graves limitations et à une étroite surveillance, ou le numerus clausus est imposé aux séminaires...
La seconde partie évoque la situation de l’Eglise catholique de rite byzantin (Eglise uniate), qui n’a plus d’existence légale depuis le Synode de
Lvov, en 1946, et vit dès lors dans la clandestinité. Soulignant le droit à
l’existence de cette Eglise, le document précise que ce droit a été réaffirmé à plusieurs reprises par le Saint-Siège lors de ses contacts avec le
Patriarcat de Moscou (Eglise orthodoxe russe). Ce dernier considère que
soulever ce problème va à l’encontre du climat de dialogue oecuménique suscité par le Concile Vatican II. Le mémorandum signale les interventions
faites par le Saint-Siège dans le cadre des réunions de la Conférence pour
la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE), afin de réclamer une reconnaissance légale de l’Eglise catholique uniate. (apic/jt/be)