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    et pharmacodépendance des jeunes: un problème toujours plus sérieux

    Médicaments dans le tiers-monde (211188)

    Berne, 21novembre(APIC) Les enfants sont plus souvent malades que les

    jeunes adultes: ils occupent aujourd’hui une place importante dans la consommation de médicaments. Pourtant, une récente publication de l’OMS met en

    garde: deux médicaments sur trois pris par des enfants n’ont que peu voire

    aucune utilité. Surtout, l’enfant s’accoutume très tôt avec l’usage du

    médicament. Dans la dernière édition de son bulletin "Med in Switzerland",

    la Déclaration de Berne critique les "méthodes promotionnelles discutables

    de certaines entreprises pharmaceutiques suisses qui contribuent à la pharmacodépendance des jeunes". Dans le tiers-monde en particulier, mais aussi

    en Suisse ou le médicament est ainsi devenu une réponse facile à tous les

    maux.

    Les critiques faites par la Déclaration de Berne à l’encontre des entreprises pharmaceutiques rejoignent celles émises en Amérique latine par

    les organisations Pro Vida qui se sont données pour but de lutter contre

    les abus constatés dans ce domaine. Au Pérou par exemple, sur les 5 à 6000

    médicaments proposés sur le marché (60.000 en Inde), seul une cinquantaine

    sont reconnus d’utilité vitale pour aider dans plus de 80% des maladies

    dans ce pays. Selon pro Vida, on achète aujourd’hui du médicament comme on

    achète un caramel. Pour cinq médecins qui pratiquent au Pérou, on compte 1

    représentant en médicaments, relève-t-elle dans ses statistiques. Elle

    dénonce que nombreux sont les médicaments à être mis en vente en Amérique

    latine alors qu’ils sont interdits dans le pays d’origine. "On ne se préoccupe nullement des effets secondaires et souvent dangereux", dit Pro Vida.

    Le marché du tiers-monde: un enjeu commercial

    Ce phénomène n’est pas propre à l’Amérique latine. Le marché du tiersmonde est depuis longtemps l’enjeu des convoitises des grandes entreprises

    pharmaceutiques. Dans une revue destinée aux sages-femmes africaines, écrit

    la Déclaration de Berne, une entreprise suisse propose six médicaments pour

    enfants. Trois d’entre eux sont recommandés en cas de "nervosité, agitation, irritabilité, troubles du comportement et du caractère". Parmi ceux-ci,

    un n’est enregistré en Suisse que pour l’exportation; un autre, commercialisé également en Suisse, est depuis longtemps remplacé par des médicaments

    plus efficaces et moins dangereux. Quant au troisième, destiné aux enfants

    selon la publicité , c’est un neuroleptique qui ne devrait être prescrit

    que par des psychiatres. Mais que dire d’un médicament lancé sur le marché

    africain pour stimuler l’appétit? une dérision par ailleurs dénoncée par

    les organisations de consommateurs du monde entier pour lesquelles une telle campagne est dépourvue de sens éthique.

    Suisse: de plus en plus

    d’enfants et d’adolescent recourent aux médicaments

    La Suisse n’est pas épargnée par le recours abusif aux médicaments. "Med

    in Switzerland" révèle que de nombreuses enquêtes entreprises ces dernières

    années montrent combien notre "personnalité" est déjà imprégnée depuis

    l’enfance et l’adolescence par la médicalisation de notre environnement. La

    question suivante a été posée à des élèves de 7 à 12 ans à Bâle: "Que peut

    faire un enfant malade pour que sa santé s’améliore?", 40% ont répondu

    qu’il fallait prendre un médicament. Une autre enquête, menée à Bâle également, auprès d’élèves entre 13 et 17 ans, a montré que plus de la moitié

    prennait plus ou moins régulièrement des analgésiques, les maux de tête

    constituant la raison pour 30% d’entre eux. Mais il a été constaté que plus

    l’élève subit la pression du rendement, plus il consomme de médicaments:

    70% des gymnasiens ont reconnu prendre plus ou moins fréquement des analgésiques.

    Vente dans le monde en 1984/85: plus plus de 23 milliards de dollars

    La mémoire vous fait-elle défaut? l’angoisse avant un examen est à ce

    point insupportable; un stress ou une trop grande lassitude vous enlèventelles des forces? le remède miracle vous aidera, affirment les publicités.

    Dans le tiers-monde, vendre à tout prix est à ce point devenu l’objectif

    des entreprises concernées qu’il a relégué le véritable problème de la

    santé au second plan, ne cessent de dénoncer Pro Vida. Quant au coût du

    médicament, lorsque ce dernier est devenu une réelle nécessité, il est tout

    simplement trop élevé et inaccessible pour la grande majorité des populations en Amérique latine ou dans le tiers-monde. "Le droit à la santé est

    discriminatoire". déclare Pro Vida. En 1984-1985, les 12 plus grandes entreprises pharmaceutiques dans le monde, dont trois sociétés suisses, ont

    vendu des médicaments pour plus de 23 milliards de dollars. (apic/pr)

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