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    "Médecines traditionnelles" ou remède de "grand-mère" (090888)

    Un complément sinon une alternative

    Fribourg, 9août(APIC) Les "médecines traditionnelles" ont ceci de particulier qu’elles puisent dans les traditions et les cultures populaires de

    quoi appliquer et transmettre des connaissances propres à chaque pays. Par

    opposition à la médecine universelle, académique et scientifique, perçue

    sur la base de connaissances identiques, et appliquées partout de la même

    façon dans le monde. Sans se soucier des bons vieux remèdes communément appelés chez nous de "grand-mère".

    Pourtant, il ne viendrait à l’esprit de personne de nier aujourd’hui les

    progrès de la médecine. Les connaissances acquises et qui s’accumulent autorisent les plus grandes ambitions; des espoirs aussi par rapport au problème de la santé dans le monde. En théorie tout au moins pour les pays du

    tiers monde. Le prix de la santé suffisament élevé dans les pays nantis est

    un luxe souvent inaccessible là ou la pauvreté et la misère règnent, c’està-dire dans la grande majorité des pays du monde. Là ou le recours à

    d’autres formes de médecine est une nécessité. Par manque de moyens pécuniers certes, mais aussi en raison de traditions, transmises de générations

    en générations. D’ou le nom de l’une de ces formes de médecine précisement

    appelée traditionelle.

    Cette façon d’envisager la médecine, le médecin français Jacques Mabit y

    croit. Après des études de médecine et plusieurs années de pratique en

    France, il est devenu un "guérisseur". Du moins fait-il tout pour pousser

    plus en avant des connaissances acquises grâce à l’enseignement de Maîtres,

    durant une initiation de plus de deux ans dans les forêts amazoniennes.

    "Il ne s’agit pas de charlatanisme", précise cependant Jacques Mabit durant l’interview accordée à l’APIC. Du reste, dit-il, "il est plus juste de

    parler de "médecines traditionelles", au pluriel, dans la mesure ou chacune

    de ces médecines, appliquées partout dans le monde, et qui sont nées de la

    tradition et de la culture populaires, ont un concept propre de santé selon

    les pays. Par opposition à l’universalité de la médecine "académique et

    scientifique" qui est la même partout, que ce soit dans un hôpital chinois,

    américain ou français".

    Expliquer en quoi consiste le recours aux médecines traditionnelles est

    à la foi simple et compliqué. Simple dans la mesure ou nous connaissons en

    Europe ce type de médecine souvent appelé "remède de grand-mère". Complexe,

    car développé, appronfondie et poussée au niveau de la recherche, cette

    médecine tient de la faculté de concentration, plus ou moins grande du guérisseur, des plantes et de leur utilisation, des croyances locales liées

    aux traditions, à la culture et, surtout, des connaissances du guérisseur.

    Une médecine évolutive

    A l’instar de la médecine académique, celle dite traditionnelle n’est

    pas figée, mais évolutive, explique Jacques Mabit. En revanche, souligne-til, "cette dernière est à même de soigner des maladies encore incurables

    actuellement par un traitement médical. La science, là, demeure encore impuissante. Il en va ainsi par exemple pour la sclérose en plaque, le cancer, etc. Et lorsque la médecine académique est en mesure d’intervenir, elle est sélective, socialement s’entend. Son prix, ou le coût de la santé,

    étant inaccessible pour la majorité des habitants du tiers monde qui

    préfèrent se tourner vers une médecine traditionnelle parce que plus proche

    de leur conviction".

    Ce sont deux des raisons qui un jour amenèrent le médecin Mabit à s’intéresser aux médecines traditionnelles. Son initiation a débuté il y a deux

    ans dans les forêts amazoniennes. Pas facile, raconte-t-il, pour acquérir

    l’indispensable maîtrise de son corps, de sa pensée, pour ensuite commencer

    à pratiquer. "Toute une discipline, qui n’a rien à voir avec le charlatanisme, même si le recours aux chants incantatoires est une réalité". Durant

    plusieurs mois, l’initié devra petit à petit arriver à dominer les sens,

    ses sens. Ne plus toucher l’eau froide avec ses mains, de plus manger de

    viande, en arriver à oublier jusqu’à l’existence des odeurs. Dominer son

    être à tout prix demande des mois de préparation, de volonté au milieu d’un

    silence absolu et imposé.

    L’exemple de toxicomanes

    Et puis, autre complément à la médecine académique ou scientifique, le

    médicament, sans lequel elle reste inefficace. Ce facteur ne fut pas sans

    influencer Jacques Mabit lors de son choix, le jour ou il décida non de

    tourner le dos à cette médecine mais d’appronfondir et d’expérimenter par

    lui-même celle appelée traditionnelle. D’abord parce que les médicaments

    vendus dans le tiers monde sont chers et par conséquent soumis à la loi du

    profit au détriment des populations: le traitement de la lèpre, par exemple, fait à base de Rifampicine "soignera" une personne cependant que celui

    appliqué à base de DDT, pour le même coût, en "soignera" 360. Ensuite, parce que ramené aux médecines traditionnelles, le médicament de base se trouve dans la plante à cause de ses propriétés naturelles et curatives. Du reste les fabriques pharmaceutiques y font également et pour beaucoup appel.

    L’intérêt du choix opéré par ce médecin français se trouve légitimé par

    les expériences vécues par ce dernier. Sans parler de ce dont il fut le

    témoin privilégié. Grâce aux méthodes utilisées, des toxicomanes avancés et

    appelés à subir leur vie durant les séquelles de la drogue se portent aujourd’hui comme si semblable mésaventure ne leur était jamais arrivée.

    C’est là un exemple, bien d’autres pourraient être cités, mais peut-être

    alors faudrait-il avoir recours à un dictionnaire médical pour en cerner

    l’étendue. (apic/pr)

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