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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Cameroun depuis neuf ans... et depuis près de six ans dans la capitale , à

    Mauricio Bezzi, Prêtre italien, au Cameroun (mission étrangère d’Italie, au

    Yaoundé.. s’occupe des enfants des rues et des mineurs de la prison de

    Yaoundé. 39 ans.

    Pourquoi? Frère Yves, qui a commencé le Foyer de l’Espérance, enfants des

    rues et des mineurs dans la prison.. on m’a demandé de lui donner un coup

    de main.. et c’est comme cela, par curiosité et par amitié pour le Père

    Yves, j’ai commencé.

    Yaoundé... Cela représente combien d’enfants des rues, combien de mineurs

    emprisonnés?

    M. Bessi: Pas facile de faire des statistiques, de donner des chiffres pour

    les enfants des rues. Le pays est grand... Mais je peux dire que des enfants de tout le Cameroun arrivent dans la capitale. Ce sont des gosses en

    rupture avec leur famille, qui finissent tôt ou tard par "chuter" à Yaoundé, à arpenter les rues en vagabonds qu’ils sont devenus. Une soixantaine

    de mineurs sont actuellement enfermés dans la prison de Yaoundé. Tous des

    garçons.

    APIC: C’est là que commence votre travail...

    M. Bezzi: Nous les rencontrons dans la rue. Parce que le but du Foyer de

    l’espérance est d’abord de les aider à retrouver le chemin de la famille.

    Souvent la chose n’est pas possible. C’est alors le terrible engrenage: la

    rue, puis la prison, souvent. Oui, la vie dans la rue est l’anti-chambre de

    la prison. La survie. Et ce que le mot implique, de larcins et autres vols.

    APIC: Est-ce que des enfants en bas âge figurent parmi ces mineurs?

    M. Bezzi: Non. Il est arrivé que le quartier réservé aux mineurs "accueille" des gosses de 12 ou 13 ans. Mais dès que nous, "Foyer de l’Espérance",

    soulevons le problème devant le Parquet, ce dernier réagit immédiatement.

    Un enfant de moins de 14 ans ne reste pas très longtemps en prison. Quelques semaines tout au plus. Ce sont pour la plupart des gosses arrêtés par

    la police, pour vagabondage ou pour vol. Leur âge peut varier, 11, 12 ans

    et plus. Il n’est donc pas rare qu’on retrouve des petits enfermés dans les

    cellules. Par bonheur, nous avons accès aux commissariats de police. Ce qui

    nous permet d’agir très vite pour leur éviter la taule.

    APIC: La prison pour un enfant... c’est un peu l’école du crime?

    M: Bezzi: Les mineurs ont à ce sujet un langage explicite, en comparant

    leur séjour en prison à un stage de perfectionnement. "J’étais en stage",

    disent-ils. C’est assez dire que la prison est une véritable école du crime. Un gamin, entré en prison parce qu’il avait volé une chèvre découvre

    que le vol d’une chèvre n’est rien... Et que bien des choses plus importantes que cela peuvent être volées. Un gosse à qui je demandais ce qui était

    le plus grave entre volé et tuer m’a répondu sans hésitation voler...

    APIC: Et comment l’expliquez-vous?

    M. Bezzi: Au Cameroun, on peut être très dur avec un voleur de poulets. Il

    arrive à la "justice populaire" de tuer quelqu’un qu’elle aurait surpris en

    train de voler. De voler quelques marmites, des habits, de la nourriture.

    D’où la réponse de l’enfant, à partir de cette logique: si tu vole, je te

    tue.

    APIC: "Justice populaire"? Il arrive souvent que le peuple s’en prenne au

    voleur et fasse "justice"?

    M. Bezzi: Oui. Pareils actes arrivent fréquemment. Et en pleine ville, dans

    certains quartiers, on tue carément le voleur. Il est terrible de penser

    qu’un gosse qui survit dans la rue depuis l’âge de 10 ou 11 ans et même

    avant, confronté peu à peu à l’engrange de l’alternance vol/prison, se retrouve à 15 ou 16 ans dans les mains de cette pseudo justice populaire,

    parce que pris sur le fait. Qui pense un peu au passé de cet enfant? A son

    drame? Personne. Au moment où les gens s’acharnent sur lui, personne

    n’émettra la moindre réfexion sur son passé, sur le fait qu’il vit en rupture avec sa famille... On voit en lui un voleur. Comme tel on le punit. Et

    la punition, c’est souvent la mort, sinon on le bastonne jusqu’à le laisser

    évanoui.

    APIC: Vous avez vous même été témoin d’une telle scène?

    M. Bezzi: Oui. Je me suis retrouvé un soir près d’une vingtaine de personnes qui s’acharnaient sur un jeune. Il avait volé quelques paquets de cigarettes. Les gens le battaient à coups de pied, à coup de poing, ben décidé

    à "le finir". Je suis intervenu, bien entendu, en m’interposant entre la

    victime, les lyncheurs et le propriétaire des cigarettes. J’ai payer les

    cigarettes... mais non sans mal, parce qu’un homme, bien mis de sa personne

    et en cravatte m’a apostrophé. Sous prétexte qu’un étranger n’a pas à s’en

    mêler. Le jeune voleur s’en est sorti cette fois là. Je l’ai retrouvé plus

    tard en prison.

    APIC: Pour en revenir à la prison, qu’est-ce que vous proposez aux mineurs

    incarcérés pour qu’ils aient une chance de s’en sortir?

    M. Bezzi: Avec trois confrères religieux, nous avons mis l’accent sur les

    activités. Pour que les jeunes puissent s’occuper. Du sport, par exemple,

    raison pour laquelle nous avons mis en place une importante structure sporitive dans la prison, en collaboration avec le directeur de l’établissement. L’école enfin, grâce à des cours donnés dans le quartier réservé aux

    mineurs. Nous assurons toutes les différentes phases de la scolarisation:

    école primaire, secondaire... et jusqu’au bac, même.

    Cette année, un jeune gars présentara son bac, deux le probatoire, sept

    se préparent pour le brevet et une dizaine pour le certificat de l’école

    primaire. Sans parler d’un autre groupe, actuellement dans la phase de

    l’alphabétisation.

    Nous proposons d’autres activités... comme la cordonnerie ou le bricolage... Juste à côté de la prison, nous avons créé un foyer pour y accueillir

    chaque mercredi matin, les mineurs emprisonnés. Une manière de rompre avec

    le milieu carcéral. Quant aux activités sporitives, elles sont coordonnées

    et menées grâce à la collaboration bénévole des détenus adultes. Une vingtaine d’entre eux ont trouvé là une nouvelle motivation à leur vie.

    Depuis plusieurs années, le quartier des mineurs est géré par nous. Pratiquement sans l’intervention des gardiens.

    APIC: Et les enfants, comment ils perçoivent votre aide?

    M. Bezzi: Généralement bien. Dès qu’un jeune entre en prison, il se laisse

    souvent aller. C’est à ce moment-là qu’il faut essayer de le rencontrer,

    lui redonner l’estime de lui-même qu’il a perdue. Il réagit dès qu’il comprend que l’oisiveté est la pire des choses en prison.

    APIC: Qu’en est-il des conditions d’hygiène, de santé et de nourriture?

    M. Bezzi: Beaucoup de choses ont été améliorées. Grâce à des aides notamment obtenues par Terre des hommes, nous avons pu refaire le système sanitaire, mettre des dalles un peu partout, ainsi que cimenter un mini complexe sprotif à l’intérieur de la prison. Mais il reste encore de nombreux

    problèmes, dont celui de la gale, qui vous tombe ddessus lorsque vous êtes

    mal nourri, lorsque le savons fait défaut. C’est vrai, le manque de nourriture et d’hygiène constitue des problèmes objectifs. Nous n’arrivons pas à

    résoudre les problèmes dans leur totalité.

    M. Bezzi:

    n’aura une consiération pour

    nouveau,

    La société, à la fois dure et hypocritement moralisatrice se

    montre très

    La plupart des personnes emprisonnées n’ont aucun programme pour remplir leurs journées. Beaucoup sont là 24 heures sur 24 sans rien faire.

    S’ils n’ont pas des activités sportives ou autres,

    Un gosese oublié.. ilfigurait sur la liste des srtis...

    ENCADRE

    Le témoignage du Père Bezzi, au Cameroun

    Responsable du "Foyer de l’Espérance" et de "L’Arche de Noé", à Yaoundé, au

    Camerou, le Père Maurizio Bezzi sait de quoi il retourne lorsqu’il s’exprime sur le sujet des gosses en prison, après plus de ..... passés à

    leurs côtés. "Pour beaucoup de jeunes, l’entrée en prison est un vrai

    cauchemar. Bon nombre d’entre eux font l’expérience de l’abandon. Le

    jeune laissé à lui-même doit survivre. Les compagnons qui profitaient de

    lui auparavant l’ignorent", comme d’ailleurs la structure carcérale, en

    manque de moyens.

    En prison, dit encore ce prêtre italien, beaucoup de monde est rongé par

    la famine: la seule ration pénale ne peut absolument pas donner l’énergie

    suffisante pour un quelconque effort physique ou intellectuel... "Dans cet

    espace limité pour l’esprit humain, la socialisation ne vient pas de soi.

    Le vol, la consommation de stupéfiants et l’homosexualité sont les vices

    que le milieu carcéral connaît bien".

    Le Père Bezzi, qui s’inquiète encore de l’image négative que les jeunes

    ont d’eux mêmes à leur sortie de prison, persuadés qu’ils sont de n’avoir

    plus grand chose à perdre, relève que son expérience lui fait regarder le

    problème à partir d’un point de vue capital: la famille. "Très souvent, ces

    jeunes sont issus de familles instables, de familles divorcés... qui n’ont

    pas trouvé leur place dans leur famille d’abord, dans la société ensuite.

    Il n’en a pas fallu plus pour qu’en 1977 soit fondé dans un premier

    temps le "Foyer de l’Espérance", pour prendre en charge les mineurs détenus. Et les aider dans leur réinsertion. Pour développer ensuite des

    projets. Donc de l’espoir. (apic/pr)

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