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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    ouest du Niacaragua, sous les balles d’un groupe de contre-révolutionnai-

    Maurice Demierre tombait en effet le 16 février 1986 à Somotillo, au nord-

    res. Le volontaire de Frères sans Frontières avait choisi de mettre son engagement de chrétien au service des pauvres. Et d’une cause que des centaines de jeunes volontaires suisses avaient fait leur, aux côtés des Fernando

    et Ernesto Cardenal, deux parmi les quatre prêtres ministres du gouvernement sandiniste. Avec M. Demierre, ce jour là, mouraient assassinées dans

    la même embuscade cinq paysannes de la communauté où travaillait le coopérant bullois.

    La révolution sandiniste, qui a renversé le dictateur Somoza en juillet

    1979, avait pour but la transformation profonde de la société de ce pays

    d’Amérique centrale. Aussi l’expérience nicaraguayenne n’allait-elle pas

    tarder à déchaîner des passions un peu partout dans le monde, en Europe et

    en Suisse, avec l’éclosion de nombreux mouvements et brigades de solidarité

    avec le Nica".

    La "révolucion sandinista", imprégnée du socialisme, voire de marxiste,

    avait ceci de particulier que de nombreux chrétiens y prirent une part active. Elle perturbait non seulement l’ordre établi entre riches et pauvres,

    mais abordait aussi sous un jour nouveau la relation entre foi chrétienne,

    pour certains, et engagement social. Un engagement voulu par Maurice Demierre. Qui fut la première des trois personnes étroitement liées au mouvement de solidarité en Suisse à laisser sa vie au Nicaragua. Les deux autres

    militants, le Vaudois Yvan Leyvraz et le Français Joël Fieux furent assassinés le 27 juin de la même année, en compagnie de l’internationaliste allemand Berndt Koberstein.

    Dix ans pour construire... cinq pour détruire

    La guerre endurée par le Nicaragua dans les années 80, soigneusement entretenue par les Etats-Unis via "La Contra" contre-révolutionnaire et une

    pluie de dollars, a fait plus de 30’000 morts, dont une trentaine de coopérants internationaux. Elle a aussi signifié une perte de 17 milliards de

    dollars. Un capital humain et financier que les 50 prochaines années n’arriveront pas à combler, estime-t-on. D’autant que le Nicaragua ultralibéral

    d’aujourd’hui, celui de la présidente Violeta Chamorro, qui succéda à Daniel Ortega après les élections de février 1990, s’est "résolument" engouffré dans la misère. Et plus que jamais.

    Il aura en effet fallu moins de 5 ans à la coalisation des 14 partis

    d’alors, dont il ne reste par ailleurs rien actuellement, pour détruire et

    ruiner 10 ans d’acquis sociaux, d’avancées notoires en matière d’éducation

    et de santé. A bout de force, exangue, le pays attend sans trop espérer les

    présidentielles de l’automne prochain. Que reste-t-il de l’espoir engendré

    en 1979. De celui de 1986 et des années suivantes? Qui ont vu partir périodiquement pour quelques semaines des agriculteurs et des jeunes brigadistes

    frourgeois ou jurassiens, notammant. Tous volontaires et solidaires pour

    s’en aller construire là-bas des écoles ou travailler dans des coopératives. Le temps de leurs vacances.

    De la Suède à la France, de l’Allemange en Italie, de l’Europe entière,

    l’attrait des jeunes pour vivre l’expérience sandiniste ne se démentait

    pas. Des dizaines d’ONG y participèrent. Pour ne parler que de la Suisse

    romande, plus d’une trentaines de coopérants romands de Frères sans Frontières et du Groupe de Volontaires Outre-Mer (GVOM), engagés pour au moins

    trois ans et financés par la DDA, ont apporté leurs expériences, dans les

    domaines qui étaient les leurs: l’agriculture, la médecine, l’éducation, la

    technique...

    Illusions perdues

    Nicaragua d’hier, Nicaragua d’aujourd’hui... pour autant d’espoirs assassinés. Le pays d’interroge aujourd’hui, et les politiciens aussi, à

    moins de 10 mois des élections. Partagés les uns entre le passé révolutionnaire sandiniste et les recettes néo-libérales pour les autres, qu’ils appliquent depuis cinq ans. Même les quelques constructions récentes, pour

    créer l’illusion d’une chimérique transformation, ne parviennent pas à masquer la réalité. Le miracle escompté s’est estompé. La campagne n’est aujourd’hui plus que l’ombre de ce qu’elle était "avant". Pour la majorité de

    la population, c’est la descente vertigineuse vers la pauvreté. Durant ces

    cinq dernières, le chômage est passé de 30% à environ 60%, et davantage selon les sources, notamment sur la côte Atlantique.

    Les coupures dans les budgets de la santé et de l’éducation, accompagnées de réductions des prestations sociales et de suppressions du soutien aux

    produits de première mécessité, la flambée des produits alimentaires ainsi

    que des médicaments ajoutent à la fracture sociale. Entre riches propriétaires de retour des Etats-Unis qui jouissent sans réserve, eux, des biens

    de consommation courante, et les autres. Tous les autres ou presque. La

    santé de base, gratuite jusqu’en 1990, est devenue payante. Des centres

    sanitaires ouverts sous le régime sandinistes sont déormais fermés. L’analphabétisation, tombée avant 1990 à 13% selon les chiffres de l’UNESCO,

    est maintenant remontée à environ 25%. L’enseignement ou même l’école publique deviennent souvent inaccessibles pour de plus en plus de gosses. Le

    coût des livres, des uniformes obligatoires ou du matériel scolaire sont

    devenus prohibitifs pour de nombreuses familles.

    Selon une équipe de recherche de l’ONG Nitlapan (Managua), au plan social, le mariage entre le gouvernement Chamorro et les institutions financières internationales a conduit à des "résultats macabres". En novembre dernier, pouvait-on lire dans son analyse mensuelle, sept nicaraguayens sur

    dix vivaient dans la pauvreté, et cinq sur dix dans la misère. La moitié.

    Quant à la revue "ENVIO" des jésuites de l’Université centraméricaine de

    Managua, elle n’hésitait pas à écrire que derrière ce drame se dissimulait

    une économie pratiquement paralysée, et soulignait "l’échec total du gouvernement chamorro qui a parié sur un modèle de restauration oligarchique.

    Et pour noircire le tableau, la prostitution, phénomène relativement

    nouveau dans le pays, a fait son apparition en force à Managua. Elle touche

    de nombreux jeunes et même des enfants. Parallèlement, la criminalité, en

    très forte augmentation, est presque partout présente dans la capitale et

    les autres villes importantes. Et jusqu’à la drogue, où le trafic a fait

    une entrée spectaculaire sur la côte Atlantique. En passe de devenir une

    plaque tournante entre le Sud, la Colombie, et le Nord, les Etats-Unis.

    Dix ans après l’assassinat de Maurice Demierre, et face à l’évolution

    ultérieure du Nicaragua, se pose la question du sens de sa mort. Pour son

    père Emile, sa mère Jacqueline, la réponse fuse instantanément: "Le sacrifice de notre fils n’a pas été vain".

    On aide plus un gouvernement a qui on s’identifiait... on aide des

    communautés de base, des groupes d’agriculteurs... des groupes de.... les

    brigades ont cessé, certes, mais l’aide maétirelle parvient... pour la

    réalisation de projets concret...... "En cela le sacrifice de M. n’a de

    loin pas été inutile

    Tout comme elle fuse du côté

    du Secrétariat romand de Frères sans Frontières, selon qui, "célébrer

    aujourd’hui la mémoire de Maurice" impose de repuiser à la

    "source des idléaux et de l’identité du mouvement". En continuité de

    partenariat avec le Sud, les défis et les tâches restent immenses et d’une

    cruelle actualité

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