Massacres à Timor Est: les évêques australiens (081291)
La peur et l’appréhension pour les Timorais
Melbourne, 8décembre(APIC) La Conférence des évêques australiens réclame
une enquête d’urgence des Nations Unies sur les atteintes aux droits de
l’homme commises par les autorités indonésiennes à Timor Est. Réunis en
séence, les évêques australiens ont estimé en fin de semaine que "la communauté internationale est en droit de savoir". Ils dénoncent l’atmosphère
qui règne actuellement à Timor Est, qui "continue d’être dominée par la
peur et l’appréhension".
Trois semaines après le massacre de Dili durant lequel plus de 60 Timorais - plus de 100 selon certaines sources - auraient été tués par l’armée
indonésienne, l’appel des prélats australiens a suivi de peu la confirmation de l’envoi prochain d’un enquêteur de la Commission des droits de
l’homme de l’ONU. Ce dernier, Amos Vaco, aura pour mission de ramener un
compte rendu des événements sanglants du 12 novembre, dont le bilan officiel, version autoritée indonésienne, n’"est que" de 19 morts.
Le gouvernement de Djakarta, pour sa part, n’a pas caché ses fortes réticences à l’égard d’une telle mission. Déclarant qu’il n’avait pas encore
reçu de requête officielle, le ministre indonésien des Affaires Etrangères
par intérim, Benny Murdani a du reste précisé qu’"aucune autorisation
n’avait été donnée".
Après avoir envahi le Timor - une ancienne colonie portugaise dont la
population est à 95% catholique - en 1975, l’Indonésie, à majorité musulmane, est constamment accusée de recourir à des pratiques autoritaires pour
gérer le territoire. D’où la requête des évêques australiens, pour qui
"l’ouverture d’une enquête sur les droits de l’homme à Timor ne doit pas
être limitée à l’examen des graves incidents de Dili. Son objectif doit
être de dresser également le bilan sur les pratiques répandues d’arrestations arbitraires, de tortures et d’emprisonnement sans procès..." (apicrw/pr)