Manifestations à Genève et à Paris contre la guerre dans le Golfe (070191)
Paris, 7janvier(APIC) A deux jours de la rencontre à Genève entre James
Baker et Tarek Aziz et à quelques jours de la date fatiditique du 15 janvier, les manifestations pour la paix se multiplient. A Genève, plusieurs
centaines de personnes ont répondu lundi à l’appel du mouvement "Femmes
pour la paix". A Paris, à l’initiative du mouvement de l’Arche, plusieurs
personnalités religieuses - chrétiennes et musulmanes - ont vécu ce même
lundi une journée de jeûne et de prière afin de clamer "leur refus de l’engrenage de la guerre" et de demander "un règlement global et progressif de
l’ensemble des problèmes du Moyen-Orient".
Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées de 12 à 13 heures
devant la cathédrale de Genève pour s’opposer à la guerre dans le Golfe et
pour demander une solution négociée à ce conflit. Divers messages de solidarité dont ceux du mouvement "Femmes pour la paix" et des Eglises catholique romaine, catholique chrétienne et Nationale protestante ont été lus. De
nombreux témoignages de mères, dont certaines ont des enfants mobilisés en
Arabie Saoudite, ont également été entendus. Les organisateurs ont en outre
appelé les manifestants à signer un appel pour la paix, appel qui sera remis au Conseil de sécurité de l’ONU d’ici le 15 janvier. D’autres manifestations sont encore prévues à Genève et ailleurs.
Quant à la manifestation de Paris, elle a vu la participation de plusieurs personnalités parmi lesquelles figuraient notamment l’abbé Pierre,
Mgr Jacques Delaporte, archevêque de Cambrai et président de la Commission
française "Justice et Paix"; Mgr Joseph Rozier, évêque de Poitiers et président de la section française de Pax Christi; le pasteur Jacques Stewart,
président de la Fédération protestante de France (FPF); Tdjini Haddam, recteur de l’Institut musulman de la mosquée de Paris.
Mgr Delaporte a expliqué la signification "à la fois politique et spirituelle" de cette démarche vécue en commun par des chrétiens et des musulmans. Même s’"il peut prendre une dimension religieuse, ce conflit n’est
pas religieux et doit être analysé politiquement". Quant au sens de cette
journée, Mgr Delaporte y voit d’abord la manifestation de "notre solidarité
avec les victimes: les Koweïtiens et les travailleurs immigrés victimes de
la querelle". Ce jeûne était aussi une forme "de pénitence pour notre responsabilité dans le conflit actuel, même si la France n’est pas seule en
cause: que ce soit par notre manque de solidarité envers certains peuples
de la région - Kurdes ou Palestiniens - ou notre indifférence face aux
transferts d’armes de la France en Irak". (apic/com/pp/pr)