Malines 9décembre(APIC/CIP) Quelques 200 chrétiens flamands se sont
retrouvés, les 7 et 8 décembre, au Centre pastoral de Malines, pour une
session sur la place de Marie et du culte marial dans la vie actuelle de
l’Eglise.
C’est l’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Godfried Danneels, qui a
ouvert ces deux journées par un exposé sur "Marie et la nouvelle évangélisation aujourd’hui". Le cardinal Danneels y a passé en revue les trois
grands documents qui déterminent depuis une vingtaine d’années la réflexion
et la pratique pastorale de l’Eglise à propos de Marie. D’abord le Concile
Vatican II qui a consacré à Marie tout un chapitre de la Constitution dogmatique sur l’Eglise "Lumen Gentium". Un souhait majeur a été d’intégrer la
réflexion sur Marie dans l’ensemble de la réflexion théologique de l’Eglise. En 1974, Paul VI a publié une exhortation apostolique sur le culte marial, souhaitant que celui-ci soit profondément ancré dans la liturgie. Enfin à l’occasion de la présente Année mariale, Jean Paul II a consacré sa
dernière encyclique à la "Mère du Sauveur", la présentant à ce titre comme
modèle de l’Eglise en pélérinage sur la terre.
Selon le Professeur Henau, sur le plan historique, on constate une réelle évolution de la figure de Marie dans le catholicisme contemporain. Tout
d’abord dans un recul de la dévotion mariale, signe certain d’une perte de
chaleur humaine dans le catholicisme, très dommageable pour une religion
qui prétend intégrer toutes les dimensions de l’existence humaine. D’autre
part, on constate, d’un point de vue plus positif, la sortie de la période
"triomphaliste", héritage de la Contre-Réforme. Le Concile Vatican II emboite le pas à un renouveau progressif de la réflexion sur Marie. On redécouvre désormais Marie comme "figure de l’Eglise", autrement dit comme
modèle-type des chrétiens. En tant que modèle, Marie met les chrétiens au
défi, d’une réalisation de soi allant de paire avec un "oui" inconditionnel
à Dieu. Défi d’une vocation croyante qui se concrétise jusque dans l’attitude à l’égard des injustices, à l’égard du rôle de la femme dans la société et dans l’Eglise, ou plus largement dans la recherche d’un sens à la
vie.
A la lumière de l’Evangile de Jean, le Père Rossel, oblat de Marie, a
souligné, quant à lui, le rôle de Marie par rapport à Jésus, surtout aux
noces de Cana et au pied de la Croix. Marie acquiert ainsi un rôle charnière entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance .
Pour Dom Vanderheydene, bénédictin du monastère de Chevetogne, le rôle
de Marie par rapport à Jésus est constamment mis en évidence dans la réflexion et la spiritualité, dans la liturgie et l’art des Eglises d’Orient. Si
Marie occupe toujours une place de choix dans le christianisme oriental, ou
l’on souligne sa fonction de "Mère de Dieu", Marie ne se comprend pas sans
relation avec le Christ.
Les quatre exposés de base présentés lors de cette session mariale ont
été l’occasion de divers échanges en groupes. Des suggestions concrètes ont
été avancées pour l’éducation de la piété populaire, la cathéchèse des
adultes, la formation chrétienne de enfants et des jeunes, l’accompagnement
des familles sans oublier les activités missionnaires. (apic/cip/bd)