Mali : Le pape Jean Paul II en terre musulmane (280190)
Bamako, 28 janvier (APIC) Accueilli peu avant midi sur l’aéroport de Bamako, capitale du Mali, par le chef de l’Etat et homme fort de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, parti unique), le général Moussa Traoré,
Jean Paul II a souligné que le Mali a besoin des efforts de tous "dans la
grande bataille" contre la faim, la malnutrition, l’analphabétisme, la sécheresse et la désertification. Dans ce pays où les catholiques ne sont que
1 % de la population, le pape a tenu à assurer musulmans et animistes qu’il
venait dans un "esprit de dialogue" et s’est réjouit des rapports harmonieux entre les diverses communautés religieuses.
Jean Paul II a relevé à cette occasion que la foi religieuse "doit rapprocher les hommes et les conduire à une solidarité plus profonde dans la
recherche commune de tout ce qui est noble et bon". Rencontrant les évêques, le clergé et les agents pastoraux du pays, le pape a rappelé les
pionniers et les martyrs de l’évangélisation dans un pays qui a célébré fin
88 le centenaire de sa première évangélisation.
Les musulmans : "porteurs de valeurs religieuses authentiques"
Insistant sur l’importance du dialogue interreligieux dans un pays où
les musulmans forment 78 % de la population et les religions africaines
traditionnelles 20 %, le pape a déclaré dans son discours aux 6 évêques du
Mali que le pluralisme religieux qui caractérise souvent le milieu national, ethnique, voire familial, incite à développer un esprit de dialogue
pour prévenir des conflits et des discordes. Le dialogue religieux, a-t-il
souligné, concerne en premier lieu "les frères dans la foi chrétienne" en
rappelant que le dialogue oecuménique est un devoir.
Le pape a encore indiqué que ce dialogue embrasse aussi l’ensemble des
musulmans qui sont en Afrique "d’importants partenaires, en raison des multiples dimensions de leur islam et des profondes racines que celui-ci a
plantées en de nombreux peuples africains". Pour Jean Paul II, les musulmans sont "à partir du monothéisme d’Abraham, auquel ils se réfèrent
volontiers, porteurs de valeurs religieuses authentiques, qu’il nous faut
savoir reconnaître et respecter".
Il n’a cependant pas caché les difficultés qui existent avec les musulmans : "Certes, le dialogue avec eux n’est pas toujours aisé, ni souhaité
par tous, et l’on trouve parfois difficilement un langage commun et des interlocuteurs représentatifs". Il a également mentionné "les fortes réticences à respecter le principe de réciprocité dans la reconnaissance des
droits des uns et des autres à la liberté de conscience et de culte".
Concernant le dialogue avec ceux qui restent attachés à la religion traditionnelle africaine, le pape a dit qu’il faut encourager "une attention
bienveillante aux valeurs qu’ils professent, pour y reconnaître avec discernement ce qui peut demeurer partie intégrante du bien commun". En soirée, après la messe célébrée au stade omnisports et portant également sur
le dialogue avec les autres religions et en particulier avec les musulmans
("dialogue plus nécessaire que jamais"), le pape devait rencontrer au palais de la culture de Bamako les représentants de l’Association malienne
pour l’unité et le progrès de l’islam (AMUPI) et les pasteurs de l’Association des groupes des Eglises et missions protestantes du Mali. Pour conclure cette journée fort chargée, le pape devait encore rencontrer après 22
heures les jeunes du Mali, avec une large participation de la jeunesse musulmane, et les inviter "à ne pas se laisser agresser et tromper par les
marchands d’idéologies et de bonheurs illusoires," mais d’ouvrir leur coeur
"au Dieu de sagesse et de miséricorde". (apic/jt/cip/be)