Mali: catholiques du pays en nombre au pèlerinage de Kita (100593)
Kita, 10mai(APIC) Comme chaque année lors du deuxième dimanche après Pâques, les catholiques du Mali se sont rendus en pèlerinage national à Kita.
C’est là qu’est vénérée depuis 28 ans Notre-Dame du Mali. Plus de 4’000
personnes, dont nombre de musulmans, anonymes ou non, acceptés parce que
croyants, ont participé à ce nouveau rendez-vous de prière.
Kita est le premier poste de mission fondée par les Pères spiritains en
1888. Cinq ans plus tard, ceux-ci laisseront la place aux fils et filles du
cardinal Lavigerie, les missionnaires d’Afrique. Kita est ainsi la mère des
56 paroisses que compte aujourd’hui le Mali. Ce vaste pays en plein coeur
du Sahel, avec 1,240 million de km2, à une population totale de 9 millions
d’habitants. Côté religion, plus de 80% pratiquent l’islam, 15% les religions traditionnelles et 4% sont catholiques ou protestants.
Plus de 4’000 personnes, venues en train, en voiture, à bicyclette ont
bravé la chaleur et la poussière. Certains se déplassant à pied, tel ce
groupe de jeunes de Bamako, qui a avalé les quelque 220 kilomètres séparant
Kita de la capitale du Mali. Un phénomène dans la participation: la présence de nombreux musulmans à ce pèlerinage, donnant par là l’image d’un pays
ancré dans une forte tradition de tolérance religieuse et de respect mutuel.
Au rythme des tam-tams
C’est à tour de rôle que les six diocèses du pays animent le rendez-vous
de Kita. Cette année, Segou, un diocèse situé au centre du pays, a assuré
et assumé cette mission pour que la fête soit présente dans la prière. La
délégation, forte de 450 membres, comptait 110 choristes. Liturgies, jeux
scéniques sur le pardon, l’éducation des enfants... tout concourait à traduire le thème du pèlerinage. Cela au rythme des tam-tams, des tambours,
des balafons, des instruments locaux. Après le "Mali nouveau", sujet développé en 1992 en relation avec le processus de démocratisation du pays, "La
prière dans la famille chrétienne" a été au centre du rendez-vous de 1993.
Un thème illustré par les propos de Mgr Joseph Dao, évêque de Kayes: "La
prière est au chrétien ce que l’eau est au poisson: un milieu naturel sans
lequel il n’y a pas de vie possible". La présidence de ce pèlerinage était
assumée par le nonce apostolique, Mgr Antonio Maria Veglio, qui réside à
Dakar, au Sénégal.
Dans un sanctuaire reconstruit
Les milliers de pèlerins ont fait cette année connaissance avec le nouveau sanctuaire. Le pèlerinage 1991 avait donné lieu à la pose de la première pierre, en présence des évêques du Mali. Composé de deux grandes parties, ce sanctuaire, avec son clocher qui pointe à 20 mètres, a une capacité de 3’000 places assises. Il a été financé par les fièles eux-mêmes, les
Congrégations oeuvrant au Mali et par l’aide d’organismes internationales
(apic/ad/pr)