Malawi : Jean Paul II réaffirme le droit et le devoir (050589)
Blantyre/Rome, 5mai(APIC/CIP) Jean Paul II a rencontré les 6 évêques et
l’administrateur apostolique du Malawi à Blantyre le 5 mai. Comme la
plupart du clergé est d’origine étrangère, le pape a encouragé les évêques
à miser sur une responsabilité croissante des laïcs et à poursuivre dans la
voie d’un catholicisme authentiquement africain.
Si les chrétiens sont majoritaires dans le pays (57 %, contre 19%
d’adeptes des religions traditionnelles et 16% de musulmans), les
catholiques (20%) sont minoritaires par rapport aux anglicans et
protestants réunis (37%). Le pape a donc plaidé pour une collaboration
oecuménique accrue, tant dans la prière que dans le travail social et la
réflexion théolgique.
Quant aux rapports entre musulmans et chrétiens, Jean Paul II a insisté
sur le respect mutuel, et condamné le "prosélytisme agressif" tant de la
part des uns que de la part des autres. Le dialogue avec les autres
religions, a-t-il ajouté, nécessite une bonne formation religieuse et
morale des fidèles, et plus encore des prêtres. Le pape a souhaité, pour
finir, que ce dialogue interreligieux alimente de nouveaux efforts de
justice et de paix.
Avec les jeunes pour la promotion des valeurs
Après sa rencontre avec les évêques, le pape s’est rendu au stade Kamuzu
de Blantyre, ou l’attendaient des milliers de jeunes, qu’il a exhortés dans
le sens de leur vocation à la sainteté. C’est un chemin difficile, a
reconnu le pape, car il réclame une lutte incessante contre l’égoïsme et le
péché, mais le Christ lui-même, comme le dit Saint Paul, montre les
sentiments dont il convient de se "revêtir" : tendresse, compassion,
bienveillance, humilité, douceur, patience.
Jean Paul II a également évoqué, avec les jeunes, les grandes valeurs
qu’ils ont reçues de leur tradition africiane, entre autres le sens de
l’hospitalité, le respect des anciens, le souci des malades. Toutes ces
valeurs sont à cultiver, a insité le pape, en plaçant une nouvelle fois les
jeunes devant leur "rôle fondamental" pour l’avenir de l’Eglise et de leur
pays.
Avec les laïcs en plein renouveau
C’est dans une école de Blantyre que le pape a rencontré, vendredi
après-midi, les représentants du laïcat chrétien. Il s’est réjoui avec eux
du renouveau de l’Eglise catholique au Malawi, grâce à une collaboration
plus grande des laïcs et des prêtres, et à un engagement plus résolu des
laïcs et des prêtres, et à un engagement plus résolu des laïcs dans les
responsabilités au sein de la liturgie et de la catéchèse comme dans les
tâches d’évangélisation et dans diverses organisations.
A côté de la participation croissante des laïcs aux responsabilités "signes de vitalité et de maturité", a souligné le pape -, la vie des
couples et des familles est source de nombreuses préoccupations. Jean Paul
II a énuméré successivement les situations de divorce, de mères
célibataires, de polygamie, ainsi que les pratiques de la contraception et
de l’avortement.
Le pape a ensuite réaffirmé "le droit et le devoir" des laïcs chrétiens
de participer à la vie publique pour y témoigner des grandes valeurs de
l’Evangile comme la liberté, la justice, la solidarité, le service, la
simplicité de vie et l’amour préférentiel pour les pauvres.
Chrétiens et non-chrétiens
En fin de journée, le pape a rencontré divers représentants des autres
Eglises chrétiennes ainsi que des autres religions. Aux chrétiens, après
avoir constaté les progrès de la collaboration mutuelle, le pape a rappelé
le but de l’oecuménisme : "la recherche de la pleine unité", afin de mettre
fin au "scandale" de la division entre les disciples du Christ et à "l’obstacle" que cette division constitue pour "l’annonce efficace de l’Evangile".
Devant les responsables des autres religions, le pape a précisé que
l’Eglise catholique visait avant tout, par son action, à promouvoir
"l’unité et l’amour entre les hommes". C’est bien dans cette perspective
que Jean Paul II a convoqué à Assise, en octobre 1988, les principaux
représentants des grandes religions.
Enfin, le pape s’est adressé à tous une dernière fois pour les encourager à "promouvoir la dignité et les droits de l’homme" au Malawi, spécialement en songeant à ceux qui souffrent, à l’avenir des familles et aux enjeux de réconciliation et de paix. (apic/jt/cip/bd)