"Huit jours mémorables"
Blantyre, 7mai(APIC/CIP) C’est à l’aéroport Chileka de Blantyre que Jean
Paul II a pris congé, samedi 6 mai, du Malawi, avant de se rendre encore
dans la capitale, Litongwe, puis de regagner Rome, mettant ainsi un terme à
son 41e voyage hors d’Italie - la 50e visite pastorale à l’étranger effectuée par un pape depuis que Paul VI a inauguré ce nouveau type de pèlerinage (Terre Sainte, janvier 1964).
C’est en effet à Blantyre que s’est tenue la cérémonie officielle de
congé, le président Kamuza Banda continuant de résider dans l’ancienne capitale. Après avoir remercié les autorités et tous ceux qui avaient rendu
possible sa visite, Jean Paul II a souligné dans message d’adieu que ce
sont les jeunes qui sont l’espoir de la nation, que les laïcs ont un rôle
important à jouer dans l’Eglise et dans la société. Dans une Eglise qui
est, à l’instar du pays, "jeune et vigoureuse", le pape a observé une volonté de "faire de grandes choses pour le Christ et toute la famille humaine". Enfin, le pape, dont le départ a été salué par 21 coups de canon, a
demandé aux autorités de croire dans le peuple du Malawi, dans ses capacités d’affronter les problèmes et de les résoudre avec courage et espérance.
Le pape évoque le sort des milliers de réfugiés accueillis au Malawi
A Lilongwe, dont la position centrale lui a valu de devenir la nouvelle
capitale du Malawi, en 1975, Jean Paul II a célébré une messe à l’aéroport
militaire. Dans son homélie, après avoir déclaré qu’il avait passé "huit
jours mémorables" en Afrique, il a évoqué certaines difficultés, des
"signes des ténèbres". Il a encouragé les jeunes, dont beaucoup ne parviennent pas à trouver du travail, à ne pas perdre confiance; de prendre conscience aussi que le bonheur dépend moins de ce qu’on possède que de ce que
l’on est.
Jean Paul II a ensuite évoqué le sort des milliers de réfugiés qui ont
été accueillis par le Malawi. A ces derniers également, il a demandé de ne
pas désespérer, leur rappelant que Jésus, lors de la fuite en Egypte, "ici
en Afrique", fut lui-même un réfugié. Il a invité les fidèles à prier pour
la paix, pour une stabilité et une harmonie accrues en Afrique.
Le pape a en outre insisté sur l’importance de la famille. Un peuple ne
peut être fort sans une vie familiale solide. Il s’est dit préoccupé devant
les nombreux échecs dans le mariage, car la famille a besoin d’un solide
lien d’amour entre les parents et entre ces derniers et leurs enfants. Il
s’est demandé si l’Afrique, dont les différentes cultures ont toujours mis
en valeur l’amour des enfants, pourrait jamais renoncer à cet amour.
Se référant enfin au thème de sa visite, celui de la conversion, le pape
a invité les chrétiens à vivre en fidélité au Christ, dans cet esprit
d’amour, de service généreux, de respect, d’unité et d’harmonie.
A 14h10, Jean Paul II a quitté le Malawi en s’embarquant dans le Boeing
747 d’Alitalia qui devait le déposer à 22h50 à l’aéroport militaire de Rome-Ciampino, au terme d’un vol de 6.000 kilomètres et d’une visite de huit
jours en Afrique, (le cinquième séjour de Jean Paul II en Afrique) c’est-àdire à Madagascar, à la Réunion, en Zambie et au Malawi. (apic/cip/jt/pr)