Malaisie : un Comité en faveur de la justice et de la paix (271187)
Kuala Lumpur, 27novembre(APIC/CIP) Un Comité asiatique et pluraliste en
faveur de la justice et de la paix dénonce la "détention massive" que le
gouvernement Kuala Lumpur organise depuis quelques semaines en Malaisie,
sous le couvert d’un Acte sur la Sécurité Intérieure. Une centaine d’opposants politiques mais aussi de défenseurs des droits de l’homme, d’écologistes, de défenseurs des consommateurs ainsi que de responsables religieux, ont déjà fait les frais de ce décret, qui permet d’emprisonner pour
une période indéterminée et sans autre forme de procès toute personne jugée
suspecte par la police.
Le gouvernement de Malaisie a prétendu que la raison de ces détentions
était de prévenir une explosion des tensions raciales dans le pays. Mais,
selon l’avis d’un nombre croissant d’opposants ainsi que d’observateurs extérieurs, l’Acte sur la Sécurité Intérieure pourrait être un signe que "la
Malaisie s’engage sur la voie de la dictature", selon les termes de l’ancien Premier Ministre. La "vraie raison" des récents emprisonnements semble
plutôt être l’opposition grandissante à la politique du Premier Ministre
actuel, Mohammed Mahatir.
Il y a quelques semaines déjà, un Comité européen pour les Droits de
l’Homme en Malaisie et à Singapour exprimait ses inquiétudes en se fondant
sur une série de faits troublants. Il s’étonnait notamment de la suspension
de trois journaux : le "Star", en anglais, le "Sin Chew Jit Poh", en chinois, et le "Watan", en malais. Il s’inquiétait aussi de l’interdiction des
rassemblements et manifestations publiques dans la capitale Kuala Lumpur.
L’archevêque de Kuala Lumpur, Mgr Anthony Soter Fernandez, avait fait lire
dans toutes les églises une lettre pastorale réaffirmant la loyauté de
l’Eglise catholique à l’égard de la Constitution du pays, mais dénonçant
aussi comme immoral un Acte sur la Sécurité Intérieure qui, sous prétexte
de préserver cette sécurité, viole un certain nombre de droits humains fondamentaux et compromet l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Loin de rejoindre les explications du gouvernement sur sa politique de
répression, de nombreux opposants font remarquer, au contraire, que ce sont
différentes lois politiques et économiques discriminatoires qui ont provoqué un regain de tensions raciales entre Malais, Chinois, Indiens, Pakistanais et autres groupes ethniques présents dans le pays. Une des inquiétudes, notamment, est que la suppression de l’enseignement en chinois dans
certaines écoles, au profit de la seule langue malaise, ne favorise un endoctrinement pur et simple des minorités culturelles, qui ne se verraient
plus enseigner d’autres vues que les options gouvernementales. D’autres explications du durcissement actuel du pouvoir en Malaisie mettent en avant
des querelles intestines existant au sein de la coalition gouvernementale.
D’autre part, de nombreuses mesures économiques prises par le gouvernement
sont critiquées par les opposants, qui y voient une source majeure de
frustrations pour les plus pauvres et pour différentes minorités ethniques. (apic/bo/be)
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