Malaisie : protestation contre l’introduction de la loi islamique (230390)
Kuala Lumpur, 23mars(APIC) Le quotidien de Malaisie "New Straits Times"
rapporte dans son édition du 16 mars la réaction, négative, du premier ministre du pays Mahathir Mohammad après le lancement d’une campagne en
février dernier contre l’introduction de la loi islamique. Cette campagne,
menée par le Conseil consultatif du bouddhisme, du christianisme, de l’hindouisme et du sikhisme de Malaisie (MCCBCHS), a recueilli l’appui des évêques catholiques du pays. Le premier ministre, s’il espère une collaboration à l’intérieur du pays, s’est opposé à sa poursuite.
Mahathir Mohammad a déclaré au "New Straits Times" : "S’il y a des problèmes, nous pouvons collaborer et chercher des possibilités et des chemins
pour les surmonter. Mais la campagne de signatures qu’ils (les membres du
MCCBCHS) ont commencée est mauvaise et je leur demande de la suspendre tout
de suite". Il a même affirmé que le MCCBCHS s’était allié au Democratic Action Party (DAP), un parti d’opposition.
Lors d’une rencontre qui s’est déroulée le 16 mars, le MCCBCHS a réaffirmé son point de vue: "Nous ne sommes ni contre le gouvernement ni contre
la loi islamique. Nous ne sommes pas non plus contre le fait que cette dernière soit appliquée aux musulmans. Nous lançons un appel au gouvernement
pour qu’il n’applique pas la loi islamique aux non-musulmans". En même
temps, les représentants du MCCBCHS soulignent qu’ils sont prêts à dialoguer avec le premier ministre.
Après qu’en juillet dernier le Parlement de l’Etat fédéral de Selangor
ait adopté la Sharia comme loi d’Etat, les non-musulmans craignent que le
gouvernement de Kuala Lumpur, la capitale, prenne une décision semblable.
En effet, environ la moitié de la population de la Malaisie est musulmane.
Les évêques du pays ont demandé à tous les catholiques de soutenir la
campagne du MCCBCHS dans une déclaration publiée à Kuala Lumpur: "Nous, les
archevêques et les évêques de Malaisie, appelons les catholiques du pays à
soutenir cette protestation et à collaborer avec le MCCBCHS pour le maintien de la liberté religieuse. Nous sommes pour une collaboration pacifique
et compréhensive entre les différentes religions et nous luttons pour que
la Sharia ne nous soit pas appliquée".
Début mars, la Cour suprême de Malaisie a décidé que les parents auraient désormais le droit de choisir la religion de leurs enfants mineurs.
Elle révisait ainsi le jugement d’une instance inférieure basé sur la Sharia et relatif à la conversion à l’islam d’une jeune fille de 17 ans sans
le consentement de ses parents.
Selon la loi islamique, les garçons dès 15 ans et les filles dès leurs
premières menstruations sont majeurs et peuvent choisir eux-mêmes leur religion. La sharia prévoit en outre que la conversion à l’islam de l’un des
époux entraîne celle des enfants, même si ce processus se fait contre la
volonté de l’autre époux. Cette loi, a été très critiquée par des groupes
de non-musulmans, qui y voient une limitation des droits des parents.
(apic/ucan/cor)