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    Les autorités accusées de faire le jeu des musulmans ultras

    Malaisie : Le gouvernement utilise l’islam à « mauvais escient »

    Singapour, 14 janvier 2008 (Apic) Le gouvernement malaisien utilise l’islam à mauvais escient, estime un leader de l’opposition, Anwar Ibrahim. Selon lui, l’harmonie multiraciale est menacée dans ce pays en raison du puritanisme islamique soutenu par l’Etat, qui a mis à mal les droits constitutionnels des autres religions dans ce pays d’Asie du Sud-Est majoritairement musulman.

    Dans un discours prononcé lors d’un forum régional organisé à Singapour, Anwar Ibrahim a laissé entendre que le gouvernement malaisien utilisait le puritanisme islamique pour gagner des voix lors de l’élection générale qui doit avoir lieu en 2008.

    « Le vrai problème, c’est ce que j’appelle le puritanisme musulman d’Etat, motivé davantage par des sentiments racistes que par des principes religieux, » a-t-il déclaré lors de la réunion organisée à l’Institut des études sud-asiatiques, à Singapour. « C’est ce genre de théologie qui entraîne le rejet de la liberté des autres religions, garantie par la Constitution ».

    Environ 60 % de la population malaisienne est musulmane. Les chrétiens et les bouddhistes, présents essentiellement dans la minorité chinoise, constituent environ 25 % de la population, et les hindous d’origine indienne représentent environ 10 % des habitants.

    L’harmonie entre les différents groupes ethniques et religieux de la Malaise a récemment commencé à montrer des signes d’essoufflement, les minorités se plaignant que certaines décisions judiciaires et politiques gouvernementales favorisant les musulmans portaient atteinte à leurs droits. Début janvier, rappelle l’Agence oecuménique ENI, le gouvernement malaisien a interdit aux minorités d’utiliser le mot « Allah » dans des publications pour nommer le Dieu d’une religion autre que l’islam. Anwar Ibrahim a estimé que cette interdiction était d’une « affligeante absurdité ».

    « Aujourd’hui, une grave menace pèse sur cette notion d’inclusivité », a-t-il expliqué. « Je suis convaincu que les musulmans - et de nombreux musulmans malaisiens aussi - sont consternés par cet étalage d’étroitesse d’esprit et d’intolérance ».

    Ministre gouvernemental voué à diriger le pays, Anwar Ibrahim a été limogé en 1998 par le Premier ministre d’alors, Mahatir Mohamad, sur des accusations de corruption et de sodomie. Anwar Ibrahim a démenti tout méfait et a déclaré que les accusations portées contre lui avaient été forgées de toutes pièces par Mahatir Mohamad, qui commençait à le considérer comme une menace politique.

    En avril, l’interdiction faite à Anwar Ibrahim d’occuper des postes dans l’administration ou de participer à des élections générales expirera. (apic/imedia/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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