"L’Eglise espagnole a beaucoup à apprendre de l’Amérique latine"
Madrid, 27 mars(APIC) Le cardinal Vicente Enrique y Tarancon, ancien archevêque de Madrid, a affirmé, lors d’une conférence prononcée mercredi
dans la capitale espagnole, que les acquis de l’Assemblée des évêques latino-américains de Medellin, comme par exemple la théologie de la libération,
les communautés ecclésiales de base et l’option préférentielle pour les
pauvres, sont des valeurs irréversibles dont bénéficie l’Eglise entière.
Pour le cardinal, qui fut archevêque de Madrid de 1971 à 1983, le souffle de l’Esprit a traversé l’Assemblée des évêques latino-américains de Medellin (1968) et ensuite de Puebla (1979): l’engagement pour la libération
intégrale, l’option préférentielle pour les pauvres, la dénonciation des
injustices et des péchés sociaux sont autant d’interpellations qui sont nées en Amérique latine et qui questionnent aujourd’hui toute l’Eglise.
L’ancien archevêque a redit son soutien à la théologie de la libération:
"Il est vrai que certains théologiens de la libération ont commis des erreurs et quelques excès, mais l’option reste valide". Il est favorable également aux communautés ecclésiales de base que l’assemblée épiscopale de
Medellin a reconnues officielllement. "Il appartient aux laïcs d’être
l’avant-garde de la nouvelle évangélisation, non pas en restant isolés,
mais au départ de petites communautés. Celles-ci sont la grande espérance
de l’Eglise", a-t-il déclaré.
L’ancien archevêque de Madrid est d’avis qu’il faut "profiter de la commémoration du 5e centenaire pour aider davantage l’Amérique latine, plutôt
que d’organiser des célébrations solennelles".La peur est mauvaise conseillère
Parlant de l’Eglise espagnole, l’ancien président de la Conférence épiscopale estime que "les évêques sont d’excellentes personnes, mais je ne
sais quelle sorte de peur s’est emparée d’eux. Ils ne veulent prendre aucun
risque". Il n’y a pas que les évêques qui ont peur, a-t-il ajouté: c’est le
cas également de "certains groupes de chrétiens de la vieille Europe et de
l’Espagne qui veulent faire en sorte que l’Eglise devienne un lieu de sécurité. Ils veulent s’éloigner du monde et jeter l’anathème sur quasiment
tout".
Aux yeux du cardinal Enrique y Tarancon, la situation de l’Eglise espagnole est plus saine qu’il y a cinquante ans. " Ce qu’on a appelé la grande
nation catholique était un peu un mythe", a ajouté le cardinal. "Un retour
au passé et à une Eglise qui a beaucoup de pouvoir, est impossible."(apiccip/ba)