Macao: Une Eglise à la recherche de son identité (150389)
Hong-Kong, 15mars(APIC) Trouver son identité et assurer la formation des
laïcs: telles sont les priorités actuelles de l’Eglise catholique de Macao
pour les rédacteurs d’un rapport rédigé par trois délégués au séminaire sur
l’avenir de l’Eglise catholique de Hong-kong et de Macao, tenu à Hong-Kong
en ce début d’année. Un rapport qui signale notamment la difficulté pour
l’Eglise de Macao de trouver son identité en raison de la longue domination
portugaise exercée sur cette enclave située en Chine du Sud sur une presqu’île en face de Hong-Kong.
Les invités étrangers ont insisté sur la nécessité d’une information
loyale sur les réalités des régimes communistes, afin de supprimer les
craintes qui naissent de l’ignorance. Ils ont notamment recommandé d’éviter
de rester sur la défensive, et de commencer par faire confiance aux communistes, pour que ceux-ci comprennent qu’ils peuvent accepter le pluralisme.
Empêché de participer à ce séminaire, Mgr Paul Nguyen Van Binh, archevêque
de Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), a envoyé une cassette vidéo avec l’enregistrement de son intervention.
Le rapport de Macao signale la difficulté qu’a son Eglise de trouver son
identité, à cause de la longue domination portugaise, et de histoire internationale de la région. Fondé en 1576, le diocèse de Macao a servi de plaque tournante pour les missionnaires se rendant en Chine, en Corée, au Japon et dans le Sud-est asiatique. De plus, depuis le XIX siècle, il a envoyé en Chine ses prêtres de langue chinoise, en maintenant sur place ceux
qui s’exprimaient en portugais; ainsi Macao a-t-il pu apparaître comme un
diocèse portugais.
Renoncer aux privilèges et définir sa mission...
Selon le rapport, l’Eglise locale devrait renoncer à ses privilèges accordés par le gouvernement portugais, comme l’exemption des taxes sur les
propriétés ecclésiastiques: de telles mesures font croire au public que
leur Eglise est riche, et personne ne se soucie de sa croissance. Il y a
donc lieu d’aider les laïcs à se former et à participer davantage à la vie
de l’Eglise, poursuivent les auteurs. Pour ces derniers, il faut organiser
des programmes de formation permanente pour les prêtres, inviter les congrégations religieuses à coopérer davantage... L’Eglise de Macao, concluent
les rédacteurs du rapport, doit nettement définir sa mission dans le cadre
de l’Eglise universelle, en ayant en vue sa responsabilité à l’égard de
l’Eglise de Chine.
Les participants, tant de Macao que de Hong-Kong, ont senti le besoin
d’appronfondir leur connaissance de la Chine ainsi que des problèmes spécifiques à chacun des deux territoires. Ils ont également souligné que
l’Eglise, tout en portant son effort sur la formation des fidèles, devait
aussi les aider à déterminer leurs choix politiques, sociaux ou moraux, à
la lumière de l’Evangile: ainsi seront-ils capables d’exprimer librement
leurs opinions et de prendre leurs responsabilités. (apic/eda/pr)