Lvov: restitution de la cathédrale St-Georges (230890)
Moscou, 23août(APIC) Le patriarche de Moscou, Mgr Alexis, chef de l’Eglise orthodoxe russe, a sévèrement critiqué la restitution de la cathédrale
St-Georges à Lvov (Ukraine occidentale) à l’Eglise gréco-catholique (uniate). Des protestations à ce sujet ont été adressées au président de l’Union
Soviétique Mikhaïl Gorbatchev et à Mgr Francesco Colasuanno, représentant
du Vatican à Moscou, a révélé mercredi à Moscou Mgr Juvénaly, métropolite
de Kroutitsi et Kolomna, chef du Département des Affaires intérieures du
patriarcat de Moscou.
Mgr Colasuonno a été reçu le même jour par le patriarche Alexis. Selon
Mgr Juvénaly, son Eglise est prête à discuter avec les catholique des problèmes existants. Mais cela, a-t-il souligné, devrait se faire dans un climat amical, comme "il sied à des croyants, à des frères dans le Christ".
Selon lui, les uniates se seraient emparés "de manière violente de la cathédrale, en profitant de la protection accordée par les autorités locales".
Le ministre des Affaires étrangères de l’Eglise orthodoxe russe, l’archevêque Kyrill de Smolensk, a reconnu pour sa part qu’en 1946, les catholiques ukrainiens "ont subi violence et persécution lors de la liquidation
de l’Eglise uniate, mais que l’on assisterait à un développement dramatique
si l’on traitait maintenant les orthodoxes de manière violente".
Des prêtres catholiques interrogés à Lvov avaient quant à eux déclaré
que la prise de possession de la cathédrale St-Georges le 12 août s’était
déroulée sans violence et de façon pacifique après une décision des autorités civiles allant dans ce sens.
Lors d’une conférence de presse mercredi à Moscou, l’évêque orthodoxe de
Lvov, Andrei, a infirmé cette version en dénoncant "la prise par la force
de la cathédrale"; il a en outre accusé les uniates "d’avoir enfreint la
légalité de la même manière que le Concile de 1946, qui a sanctionné l’annexion de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine à l’Eglise orthodoxe russe".
Mgr Andrei affirme encore avoir reçu le 12 août une communication téléphonique du chef de la milice de la ville de Lvov l’invitant "à terminer la
célébration au plus vite". Invitation qui précisait que "les uniates voulaient saisir la cathédrale". Les pouvoirs publics ont en outre été accusés
de faire du "favoritisme". L’Etat, a-t-on relevé durant la conférence de
presse, " ne doit pas s’ingérer dans les délicates questions religieuses
telles que les relations entre les orthodoxes et les catholiques. (apickna/rm/pr)