Lvov/Rome, 6août(APIC) La cathédrale Saint-Georges de Lvov, qui aurait dû
être rendue à l’Eglise catholique ukrainienne à la fin de la semaine dernière, n’a toujours pas été évacuée par les orthodoxes. Comme des milieux
catholiques de la métropole de l’Ouest de l’Ukraine l’ont affirmé à l’agence catholique autrichienne "Kathpress", l’évêque Andri Horak n’a pas encore
quitté son siège épiscopal.
La population catholique de Lvov avait déjà fait des préparatifs pour
une fête destinée à marquer la restitution de la cathédrale. Lorsqu’il est
clairement apparu à chacun que le délai de restitution fixé par les autorités ne serait pas respecté par les orthodoxes, l’évêque catholique Wolodymyr Sterniuk a lancé un appel aux catholiques pour qu’ils ne se rassemblent
pas autour de la cathédrale afin que ne se produisent pas des provocations
ou des excès. Cet appel a été entendu. "Nous avons attendu 44 ans, nous
pouvons encore attendre quelques semaines", assurait-on dans certains milieux catholiques de Lvov.
L’église la plus contestée
La cathédrale Saint-Georges de Lvov était historiquement la cathédrale
du primat de l’Eglise catholique ukrainienne. Lorsqu’en 1946 cette Eglise,
la plus importante Eglise de rite oriental unie à Rome (uniate), fut interdite sous Staline et incorporée à l’Eglise orthodoxe russe, les orthodoxes
en ont pris possession, comme ils le firent pour plusieurs autres lieux de
culte appartenant aux uniates.
Depuis la visite de Mikhaïl Gorbatchev au Vatican le 1er décembre dernier, les uniates sont à nouveau autorisés en Ukraine. Les paroisses catholiques ukrainiennes enregistrées par les autorités, surtout dans l’Ouest de
l’Ukraine, ont demandé la restitution de leurs églises confisquées en 1946.
Une violente querelle a éclaté entre les deux Eglises à ce sujet, une querelle qui a même donné lieu à des actes de violence.
L’église la plus contestée était justement la cathédrale Saint-Georges
de Lvov. En tant que siège du primat uniate - actuellement elle est la résidence de l’archevêque de Lvov, le cardinal Ivan Myroslav Lubachivsky, en
exil à Rome -, elle est le symbole de la présence de l’Eglise en Ukraine de
l’Ouest. Le retour des uniates dans la cathédrale de Lvov serait le symbod’une spectaculaire "recatholicisation" de l’Ouest de l’Ukraine. C’est sans
doute la raison pour laquelle les orthodoxes ont jusqu’ici refusé de se
conformer à la décision du Soviet de la ville, qui prévoit que la cathédrale doit être rendue aux catholiques ukrainiens.
Les autorités ont offert aux orthodoxes l’église Saint-Nicolas de Lvov,
qui vient d’être adaptée au culte orthodoxe, et la cure en remplacement de
l’église Saint-Georges. Les travaux d’adaptation ne sont pas encore terminés. Il est possible que Mgr Horak ne rende la cathédrale Saint-Georges que
lorsque ces travaux auront été accomplis. Dans les milieux catholiques
ukrainiens de Rome, on part de l’idée que la restitution de la cathédrale
est proche et que les orthodoxes ne la conserveront pas longtemps après la
fin des travaux dans l’église Saint-Nicolas. (apic/kpr/cor)