Lugano: des délégués de Caritas de retour de Croatie (020293)
Lugano, 2février(APIC) Trois déléguées de Caritas Tessin ont visité les
camps de réfugiés de Croatie du 23 au 28 janvier. Elles ont rencontré également divers responsables du gouvernement et des oeuvres caritatives croates. Elles ont fait le point mardi à Lugano sur la situation dramatique vécue par les habitants des camps. Caritas Tessin s’est engagée à soutenir
directement un projet de maison d’accueil pour les enfants dont le côut est
évalué à 130’000 francs. Elle lance une campagne de récolte de fonds pour
les maisons d’accueil pour des femmes et leurs enfants.
Pour Mimi Lepori, collaboratrice de Caritas et députée PDC, la situation
est dramatique à divers points de vue. L’arrivée continue de réfugiés de
Bosnie, accueillis dans les divers camps, nourris et vêtus grâce à l’intervention du gouvernement croate et à l’aide internationale, met durement à
contribution la société croate. On compte que le gouvernement croate a dépensé 31 millions de dollars pour l’accueil dans les hôtels et 80 millions
pour l’accueil dans les camps, alors que son industrie est détruite à 37%.
Les réfugiés souffrent physiquement et psychologiquement. Les camps
visités sont souvent à la limite de la décence humaine, notent les
déléguées. De nombreux groupes de réfugiés ne peuvent survivre que grâce à
l’aide internationale.
La situation des femmes violées est décrite par toutes les personnes
rencontrées comme une violence atroce.
Caritas Zagreb, forte de son expérience, a pris plusieurs mesures pour
faire face à la situation: l’organisation d’une équipe de 23 personnes,
psychologues, assistants sociaux, médecins, juristes pour donner des consultations. Sept femmes s’occupent particulièrement des femmes violées. En
outre, Caritas Zagreb a acheté ou loué plusieurs maisons pour accueillir
des femmes et leurs enfants.
Une de ces maisons d’un quartier de Zagreb a été acquise par Caritas
Tessin. Une quinzaine de femmes avec leurs enfants pourront y être
accueillies. Le coût du projet est de 130’000 francs. Pour les enfants
abandonnés, Caritas Zagreb a prévu diverses maisons d’accueil dans le projet "une maison pour un enfant" qui prévoit une action de parrainage de 30
francs par mois. Suite aux mauvaises expériences faites en Roumanie,
Caritas Zagreb ne prévoit pas d’adoption. On peut craindre par contre le
commerce d’embryons, voire d’organes, estiment les déléguées. (apic/com/mp)