"Le médecin doit construire des ponts"
Lugano, 20novembre(APIC) Le congrès de l’association suisse des médecins
catholiques s’est tenu en fin de semaine dernière à Lugano sur le thème
"salut et guérison". Après une introduction de l’évêque de Lugano Mgr Eugnio Corecco, les auditeurs ont pu suivre plusieurs exposés dont celui de
l’archevêque Fiorenzo Angelini délégué du Vatican pour la pastorale au service des malades. Lors de la partie statutaire, la présidence de l’association est passée des mains du Dr Josef Bättig de Muttenz au Dr Niklaus Zwikky de Thoune.
Lors du premier exposé le professeur polonais Stanislaw Grygiel a insisté sur le rôle du médecin de construire des ponts. "Par le soulagement de
la souffrance, le médecin aide le malade à reconnaître où va le chemin. Il
doit construire des ponts entre la maladie et la santé".
Le Dr Ermanno Pavesi, médecin chef de la clinique psychiatrique universitaire de Zurich, a exposé ensuite comment la psychanalyse situe la religion. Le célèbre psychiatre suisse Carl Gustav Jung avait déjà insisté sur
la valeur de l’expérience religieuse pour la vie spirituelle de l’homme".
Mais il a rendu absolues ses connaissances en disant: "Pour la compréhension du phénomène religieux, il n’existe aujourd’hui que l’approche de la
psychologie."
Le prêtre et psychothérapeute allemand, Eugen Drewermann, dont
l’enseignement est contesté par Rome, a interprété la vocation religieuse
comme un symptôme d’une crise d’adolescence, comme une fuite devant la peur
ou comme une incapacité à prendre une responsabilité. Mais avec cela selon
le Dr Pavesi la psychanalyse réduit la métaphysique à la psychologie. Donc
selon Eugen Drewermann, il n’y a pas, sur le plan fondamental, de
différence entre la recherche de Dieu et la recherche de soi-même, entre le
salut et la guérison.
Massimo Introvigne juriste de Turin dans son exposé intitulé "Salut autonome et auto-guérison" a présenté les nouvelles religions qui sont opposées à la conception chrétienne du salut. Le salut est alors présenté comme
le résultat d’un renouvellement moral ou psychologique et la catéchèse se
résume à des exercices spirituels ou mentaux. L’optimisme est très accentué
de même que la croyance que par certaines méthodes, le monde pourra trouver
la santé et le bonheur.
Le théologien italien Don Piero Cantoni a parlé de "la conduite spirituelle". Il a fait remarquer que les jeunes ont souvent un fort désir de se
rattacher à un guide. Cela n’est pas étonnant dans une culture qui a laissé
tomber l’idée de paternité ou l’a même combattue. Il a comparé la direction
spirituelle à un pèlerinage vers la perfection. Chaque croyant, prêtre ou
laïc, lorsqu’il apporte une aide spirituelle a quelqu’un, est un guide spirituel. (apic/eg/mp)