Lugano: conférence de Joaquin Navarro-Valls, porte-parole du Vatican
Lugano, 27mai(APIC) Le porte-parole du Vatican, l’Espagnol Joaquin Navarro-Valls, était mardi soir à Canobbio, près de Lugano, pour un exposé sur
le thème "l’Eglise et les médias". Ce membre de l’Opus Dei âgé de 55 ans et
en poste depuis 1984, s’est déclaré optimiste à propos des rapports entre
l’Eglise et les médias et a relevé l’"énorme intérêt" des médias pour les
questions religieuses. Joaquin Navarro-Valls était l’invité de la Commission des médias du diocèse de Lugano à l’occasion du dimanche des Médias
célébré en Suisse le 31 mai.
L’intérêt des médias pour les thèmes d’Eglise, la personnalité du pape
actuel et l’élargissement de l’information ecclésiale aux questions de
l’économie, de la bioéthique et d’autres thèmes sont autant de raisons
d’être optimiste.
Il y a cependant des éléments de nature idéologique qui rendent difficile de faire passer le message de l’Eglise dans les médias, a expliqué J.
Navarro-Valls. Tout d’abord l’actuelle vision du monde influence l’information. Les moyens de communication sociale sont fortement imprégnés d’esprit
laïc et ont une attitude hostile à l’égard de certaines idées religieuses.
Un autre élément est celui de la concurrence: l’information doit être vendue. Faire un journal devient une activité commerciale. Le porte parole du
Vatican ne croit cependant pas à une campagne médiatique dirigée contre
l’Eglise.
J. Navarro-Valls fait remarquer aussi que les médias présentent souvent
les choses uniquement sous l’angle du pouvoir, des conflits ou du consensus
majoritaire et qu’ils mettent entre parenthèses l’aspect éthique. De la même façon, la morale individuelle et la morale sociale sont séparées. "On ne
peut pourtant pas diviser l’éthique. Il s’agit toujours de la dignité humaine", souligne le porte-parole du Saint-Siège. Le message de l’Eglise ne
peut pas être instrumentalisé c’est-à-dire être simplement vendu comme un
produit qui plaise tout simplement. Le pape souligne toujours que l’Eglise
ne s’invente pas elle-même, et qu’elle invente pas elle-même la morale.
Certaines critiques dans les médias montrent justement que le message de
l’Eglise est arrivé bien que cela ne plaise pas.
L’influence des médias reste cependant limitée pour J. Navarro-Valls.
Des études ont démontré que dans la vie des catholiques c’est la famille
qui arrive en première position parmi les institutions; l’Eglise en deuxième position. Il a rappelé aussi les exemples de l’histoire récente. Le Shah
d’Iran qui diposait du monopole des médias de son pays n’a pu éviter la
chute. De même en Pologne, où les médias étaient entièrement aux mains du
parti communiste, le syndicat Solidarité a fini par vaincre. (apic/eg/mp)