Lucerne: un an après la guerre Caritas suisse tire (190892)
Les coopérants sont souvent victimes d’attentats
Lucerne, 19août(APIC) Il y a tout juste un an, Caritas Suisse lançait
un vaste programme d’aide dans le Kurdistan irakien. De nombreuses oeuvres
d’entraide suisses et européennes y ont contribué grâce aux dons récoltés à
la fin de la guerre du Golfe. Or, les délégués qui organisent les secours
sur place signalent que ces derniers temps les organisations caritatives
sont la cible d’attentats, de menaces et de tentatives d’intimidation de la
part du régime de Bagdad. Malgré ces problèmes de sécurité, Caritas poursuit et amplifie son soutien aux populations kurdes.
Dés le début, l’aide s’est déployée dans un contexte conflictuel, marqué
par les combats entre troupes irakiennes et partisans kurdes, ainsi que par
les rivalités entre potentats locaux. "Mais les belligerants veillaient à
épargner les représentants de l’ONU et des oeuvres d’entraide occidentales", explique Eberhard Walde, délégué de Caritas. Or, depuis cet été, les
attentats dirigés contre le personnel des Nations Unies se sont multipliés,
et les collaborateurs des organisations non gouvernementales (ONG) actives
dans le nord de l’Irak sont désormais visés eux aussi.
Dans le collimateur de Saddam Hussein
Ainsi, il y a trois semaines, on a découvert une bombe placée dans la
voiture d’une oeuvre d’entraide britannique, tandis que le représentant
d’une autre ONG était blessé par balle. De sorte que les délégués de Caritas doivent à présent travailler sous la protection d’un important dispositif de sécurité. On suppose que les instigateurs de ces actes de violence
se trouvent à Bagdad.
Cette attitude entrave le travail des ONG qui, comme l’ONU, optent pour
le chemin officiel qui passe par Bagdad. Caritas, pour sa part, ne dépend
pas du bon vouloir du dictateur irakien, car elle a dès le départ organisé
l’envoi des secours à partir de la frontière turque controlée par les kurdes. Toutefois, étant donné l’absence quasi totale d’autres organisations
avec lesquelles elle pourrait collaborer sur le terrain, sa capacité d’action s’en trouve réduite.
Un bilan malgré tout positif
Grâce à la motivation des réfugiés kurdes, grâce aussi à la Kurdistan
Reconstruction organization (KRO) le partenaire local, le programme de Caritas avance à grands pas. 6 000 familles ont déjà pu rebâtir leur maison,
et 2500 maisons supplémentaires sont en voie de construction. L’aide fournie par l’oeuvre d’entraide catholique a également permis d’édifier des
écoles, de même que des dispensaires et un hôpital. L’approvisionnement en
eau est bien assuré, les infrastructures routières et autres ont été ouvertes ou réparées.
Des vivres pour 250’000 personnes
Les kurdes irakiens ont reçu des vivres, des couvertures, des vêtements,
des fourneaux et du kérosène, ainsi que des semences. Pendant toute la durée de l’hiver, Caritas a pu ravitailler via la Turquie environ 250’000
personnes, qui sans cette aide alimentaire n’auraient probablement pas survécu au blocus instauré en novembre 1991 par le régime de Bagdad afin d’affamer le Kurdistan. Les troupes alliés ont soutenu cette opération de sauvetage, en mettant à disposition des hélicoptères pour atteindre les villages les plus isolées.
Caritas met à présent l’accent sur l’appui aux petits paysans. L’objectif étant de réduire la dépendance de l’aide extérieure. Mais depuis trois
semaines en raison des affrontements entre différentes factions kurdes, sur
les marchés, les aliments de base comme le riz, le sucre et la farine commencent à manquer suite à la fermeture de la frontière turque.
L’aide humanitaire au secours des réfugiés kurdes
Environ 22 millions de francs vont être investis dans l’aide humanitaire
en Irak coordonnée par Caritas Suisse et l’Entraide protestante suisse
(EPER) ont donné en août 1991 le coup d’envoi au programme visant à secourir les réfugiés kurdes au nord de l’Irak. Jusqu’ici 18, millions de francs
ont été affectés à cette opération, et 4 millions supplémentaires ont été
budgétés jusqu’en octobre. De ce total, 6,6 millions de francs proviennent
de la Chaîne du Bonheur, le reste de la Croix Rouge suisse et de la plupart
des Caritas européennes, ainsi que des gouvernements allemand et hollandais. (apic/com/ak)