Lucerne: SOS de l’Association suisse pour la Terre Sainte (170990)
Lucerne, 17septembre(APIC) La présence chrétienne en Terre Sainte, berceau du christianisme, est de plus en plus menacée par l’émigration accélérée des chrétiens d’origine palestinienne et la situation ne fait que s’aggraver avec la crise du Golfe. "Les chrétiens du Proche-Orient ont un besoin urgent de notre solidarité", tel est le message en forme de SOS qu’a
lancé lundi l’Association suisse pour la Terre Sainte, réunie en assemblée
générale à Lucerne.
La situation est "extrêmement précaire", a lancé le chanoine Hans Rossi,
de Coire, "et ce n’est pas Saddam Hussein ou les Frères musulmans qui représentent la plus grande menace pour les chrétiens de Terre Sainte, mais
bien l’exode". Membre du Comité de l’Association pour la Terre Sainte - une
association regroupant les amis des chrétiens qui vivent sur la terre qui a
vu la naissance du Christ et qui compte essentiellement des membres alémaniques - le chanoine Rossi, pessimiste, a relevé qu’il était peut-être déjà
trop tard pour stopper l’exode des chrétiens de Judée, mais qu’il restait
en Galilée des communautés villageoises entières, avec leurs églises et
leurs institutions.
Mais pour combien de temps encore ? En effet, les chrétiens ne quittent
pas seulement les territoires occupés (Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est
annexée), mais également Israël : selon Mgr Maximos Salloum, archevêque
gréco-catholique de Galilée, rien qu’à Haïfa, ce ne sont pas moins de 2 familles qui émigrent chaque mois. Considérés toujours comme des citoyens de
seconde zone, les chrétiens d’Israël ne voient pas l’avenir en rose, surtout depuis que l’arrivée massive de juifs soviétiques rend le marché du
travail plus difficile encore pour eux.
La situation économique des chrétiens plus mauvaise que jamais
Dans les territoires occupés, à cause de l’"intifada" qui a ralenti le
flux des touristes et des pèlerins visitant les lieux saints, les chrétiens
qui vivaient pour une part du tourisme religieux ont vu leurs revenus
fondre. Avec la crise du Golfe, les apports financiers des pays arabes notamment aux Universités palestiniennes, toujours fermées par les
militaires israéliens - sont en baisse et la situation économique de
beaucoup de chrétiens s’est encore dégradée.
Pour faire face à ce défi, l’Association pour la Terre Sainte, qui n’est
pas une oeuvre d’entraide à proprement parler, a accru son soutien financier aux chrétiens de la région, notamment en Israël, dans les territoires
occupés et au Liban. Elle a ainsi fait parvenir en 1989 des aides pour un
montant de 712’000 francs, alors que les fonds acheminés vers la Terre
Sainte se montaient à quelque 475’000 francs l’année précédente. La progression de l’an dernier est due au succès d’un appel pour financer une aide alimentaire et médicale dans les territoires occupés, qui a rapporté
150’000 francs, et à la quête pour la Semaine sainte, qui a connu une augmentation réjouissante. Il est vrai que l’an dernier, les Suisses étaient
encore sensibilisés aux souffrances de la population de ces territoires...
Une nécessité pour l’Association : rajeunir ses cadres et ses membres
Mais les moyens de l’Association sont limités : si elle regroupait plus
de 7’000 membres quelques années après sa fondation en 1900, en n’en compte
aujourd’hui qu’environ 2’500, souvent âgés. Elle est bien consciente de la
nécessité de rajeunir ses cadres et ses membres : elle s’est fixé pour objectif de gagner 2’000 nouveaux membres avant l’an 2’000 ! (apic/be)