Lucerne: les délégués de Caritas Suisses en assemblée ordinaire (260593)
Lucerne, 26mai(APIC) Les délégués de Caritas Suisses ont tenu mercredi à
Lucerne leur assemblée ordinaire, principalement consacrée à ratifier le
rapport et les comptes annuels. La seconde partie de l’assemblée a été dédiée à une discussion sur le thème: "Caritas Suisse dans un nouvel environnement ecclésial". Les conférenciers invités, ainsi que Jürg Krummenacher,
directeur de Caritas, ont exprimé des requêtes et formulé leur vision de
l’avenir. Les délégués ont encore procédé à la nomination du Jurassien Guy
Chalverat au comité central.
Rédacteur de la "Schweizerische Kirchenzeitung", Rolf Weibel a brièvement retracé la dissolution de la micro-société catholique qui se caractérisait par une organisation, une vision du monde et une idéologie repliée
sur soi. Selon lui, contrairement au protestantisme, le catholicisme aurait
des difficultés à s’adapter aux différents courants.
"Le catholicisme se trouve confronté à un choix: il doit développer ses
idéaux dans le sens d’un catholicisme moderne et ouvert ou, au contraire,
dans le sens d’un catholicisme sectaire et rétrograde", a poursuivi l’orateur. Le premier affronte les tendances actuelles, s’ouvre au monde moderne
et cherche son identité à travers la communion interne et externe. Autrement dit, il se bat davantage pour l’avenir, s’oriente sur le dialogue et
dénote plus de diversité. Le catholicisme sectaire tente en revanche de se
protéger de la modernité ou de lui opposer un contre-projet, se résignant
par là à restreindre sa portée pour gagner en indépendance.
Quant à Alfred Dubach, directeur de l’Institut suisse de sociologie pastorale, à Saint-Gall, il est revenu sur l’étude intitulée "Chacun un cas
particulier? La religion en Suisse", réalisée par l’Institut qu’il dirige
en collaboration avec le Fonds national. Pour notamment relever l’apparition d’une mentalité de mécène qui soutiendrait l’Eglise en tant qu’oeuvre
de bienfaisance, sans pour autant s’identifier à ses autres aspects et qui
aurait conduit à la création d’institutions spécialisées privant les paroisses de contacts enrichissants avec les personnes en détresse ou les
marginaux.
Une solidarité restreinte au cercle familial
Selon le conférencier, le phénomène ôterait progressivement aux Eglises
la capacité de se montrer solidaires avec de telles personnes. Comme cela
ressort de l’étude du Fonds national, la tendance actuelle serait de privilégier les relations dans un cercle étroit et la solidarité jouerait principalement au sein de la famille.
Face à cette situation, la tâche de Caritas consisterait à renforcer la
sensibilité diaconale des chrétiens dans les communautés paroissiales, afin
de permettre au christianisme de mieux affronter l’avenir. Mais ils s’agit
également pour Caritas d’assurer sa propre survie, car les dons adressés
aux oeuvres d’entraide ecclésiales dépendent largement des relations que
ces dernières entretiennent avec l’Eglise.
Le directeur de Caritas, Jürg Krummenacher, estime pour sa part que les
sociologues de la religion donnent aux Eglises et aux organisations diaconales une vision assez sereine de leur avenir: "Les oeuvres d’entraide telles que Caritas contribuent largement à légitimer l’Eglise dans la société
séculière". Selon lui, il ne faut pas axer autant la question de l’avenir
des Eglises et des oeuvres d’entraide sur le plan de la sociologie institutionnelle, mais plutôt s’attaquer au problème de fond: "Nous avons affaire
aujourd’hui à une religiosité divisée et diffuse.
Au chapitre nomination, les délégués ont appelé au Comité central Guy
Chalverat, directeur de Caritas Jura. (apic/com/pr)