Lucerne: Assemblée générale de Caritas Suisse (130592)
Lucerne, 13mai(APIC) Avec des dépenses de 103 millions de francs en 1991,
Caritas Suisse est une des plus importantes oeuvres d’entraide du pays.
Réunis à Lucerne sous la présidence du conseiller national valaisan Vital
Darbellay, les délégués de l’organisation catholique ont dressé le bilan de
l’année 1991 et examiné les perspectives d’avenir. Active tant en Suisse
qu’à l’étranger, Caritas Suisse a connu ces dernières années un développement réjouissant qui a rendu nécessaire en 1991 une révision de ses structures et de ses statuts.
Jurg Krummenacher, nouveau directeur, a présenté aux quelque 80 personnes présentes - parmi lesquelles on remarquait Mgr Affonso Gregory, évêque
d’Imperatriz (Brésil) et président de Caritas Internationalis et Mgr Henri
Salina, Abbé de St-Maurice, responsable de la diaconie au sein de la Conférence des évêques suisses - le bilan de l’année 1991 qui fut marqué par
plusieurs jubilés: les 90 ans de l’oeuvre, le centième anniversaire de
l’encyclique "Rerum Novarum" et les 20 ans de direction de Fridolin Kissling. Les catastrophes naturelles et les événements politiques n’ont en outre laissé guère de répit à l’organisation caritative qui s’est engagée
dans pas moins de 460 projets à l’étranger pour un montant de 33 millions
de francs, en augmentation de 13 millions par rapport à 1990.
L’action d’aide la plus importante a été le soutien aux populations kurdes d’Irak victimes de la guerre. Le reporter Karl Gähwiler a présenté à
l’assemblée des images saisissantes des villages kurdes entièrement rasés
par l’armée de Saddam Hussein. Caritas grâce aux fonds récoltés par la
Chaîne du Bonheur a contribué jusqu’à présent, avec un partenaire local, à
la reconstruction de 6’000 maisons, à la distribution de 6’000 tonnes de
nourriture et de 2’000 tonnes de semences d’hiver, permettant ainsi à près
de 150’000 personnes de passer l’hiver.
En Suisse, le gros du budget, 51,7 millions, est affecté à l’aide aux
réfugiés et aux requérants d’asile. En 1991, 41’000 requérants d’asile sont
arrivés en Suisse. 7’000 ont séjourné dans un des 39 centres d’hébergement
gérés par Caritas. 310 collaborateurs et collaboratrices se sont occupés de
ces centres. Parallèlement plus de 400 représentants de Caritas ont participé à des auditions de réquérants d’asile et ont apporté des conseils juridiques. C’est la Confédération qui assume la charge financière du secteur
de l’aide aux réfugiés.
L’aide en Suisse est restée stable avec un montant de 9,1 mio de francs.
dont 1 million de francs destinés à l’aide aux paysans de montagne. 619 volontaires ont accompli 5277 journées de travail dans ce secteur. Caritas en
Suisse, c’est aussi une action et une réflexion autour de la famille, de la
nouvelle pauvreté, du revenu minimum garanti, des soins palliatifs, de
l’accompagnement des prisonniers et des mourants, du petit crédit ou encore
de la xénophobie et de l’intégration des étrangers.
Les tâches sont sans cesse plus nombreuses. Les recettes doivent aussi
évoluer dans ce sens et les perspectives d’avenir restent assez inquiétantes. Sur les 103 millions des comptes 1991, 62,3 millions provenaient de la
Confédération, des cantons et des communes, 36,1 millions de dons privés et
4,8 millions d’intérêts divers.
L’assemblée à procédé également à la réélection de ses organes dirigeants. Vital Darbellay a été reconduit par acclamation dans ses fonctions de
président pour une période de 4 ans. La vice-présidence passe de Hugo Wey
(SO) démissionnaire à Isabelle Rüedi (LU). La direction de l’oeuvre est assurée par un présidium de sept membres entouré d’un comité d’une vingtaine
de personnes, une commision de gestion s’occupe du contrôle de l’administration.
Caritas dans la perspective d’une politique d’entraide plus efficace et
mieux coordonnée, se joindra en outre dès le 1er juillet prochain à la
communauté de travail des oeuvres d’entraide suisses regroupant déjà Swissaid, Action de Carême, Pain pour le Prochain et Helvetas. Dans l’après-midi, les délégués ont abordé la question de la redéfinition de la politique
de développement face à la nouvelle situation dans le tiers monde et en Europe de l’Est. (apic/mp)