Lucerne : Assemblée générale de Caritas Suisse (120589)
Lucerne,12mai(APIC/Jacques Berset) C’est dans le but de rapprocher les
points de vue et de tenter de créer un consensus que Caritas Suisse avait
invité Peter Arbenz pour son assemblée générale vendredi 12 mai à Lucerne.
Le Délégué aux Réfugiés (DAR), tout en insistant sur la nécessaire
collaboration avec les oeuvres d’entraide, ne s’est guère écarté de son
discours habituel sur les faux réfugiés et n’a pas convaincu les
collaborateurs de Caritas confrontés à la base à l’insécurité quotidienne
des requérants d’asile.
Selon Peter Arbenz, pour la plupart des demandeurs d’asile aujourd’hui et cela concerne les Turcs en particulier - le dépôt d’une demande d’asile
est uniquement un moyen de prendre pied sur le marché du travail. Le DAR
estime que c’est cette unique raison qui explique la baisse actuelle du
taux d’acceptation de requérants. A son avis, cet abus du droit d’asile et
l’exploitation qui en est faite par diverses organisations politiques, avec
parfois l’appui d’oeuvres d’entraide, font du tort aux vrais réfugiés,
mettent en danger l’ensemble de la politique d’asile et renforcent les
mouvements xénophobes.
L’abbé Charles Portmann, directeur de Caritas Jura, a évoqué, au nom des
représentants des oeuvres d’entraide qui assistent aux auditions de
requérants, la frustration et le malaise ressenti par le fait que dans le
Jura, par exemple, aucun des requérants accompagnés par Caritas n’a reçu, à
sa connaissance, de décision positive depuis le 1er janvier de l’année
dernière.
Président de Caritas Suisse, le conseiller national PDC de Martigny
Vital Darbellay a souligné les côtés positifs du rapport interdépartemental
de nouvelle stratégie pour les réfugiés élaboré cet hiver sous la direction
de Peter Arbenz. Ainsi, certaines propositions vont dans le sens des
"Jalons pour une nouvelle politique d’asile" publié récement par Caritas
Suisse.
Un espoir nommé Koller
Vital Darbellay a déclaré à l’agence APIC qu’il espère que le successeur
d’Elisabeth Kopp, le démocrate-chrétien Arnold Koller, s’impliquera plus
fortement dans la politique d’asile. A son avis, le nouveau chef du
Département Fédéral de Justice et Police va mener une politique plus
humaine. "J’ai l’impression que la législation actuelle a été interprétée
de la façon la plus restrictive, a-t-il lancé, et cela doit changer". Le
président de Caritas a déploré que pour 1988, seuls 3,6% des cas traités
ont obtenu l’asile - 7% si l’on prend en compte notamment le regroupement
familial - et que la tendance est à la restriction.
En matinée, les délégués de Caritas Suisse ont abordé les problèmes de
restructuration de l’oeuvre d’entraide catholique, fondée en 1901. Il
s’agit pour cette importante organisation - qui, depuis bien longtemps
n’occupe plus seulement des bénévoles et compte actuellement à la centrale
de Lucerne plus de 300 collaborateurs à plein temps ou à temps partiel - de
se restructurer et de trouver son "profil" à la veille de l’an 2’000. Le
processus de réflexion a déjà débuté il y a un an et va se poursuivre les
deux prochaines années au moins. Il s’agit notamment pour cette oeuvre
fondée par les évêques suisses, de se décentraliser et d’appliquer pour son
activité le principe de subsidiarité, tout en gardant son identité
chrétienne dans une société sécularisée. (apic/be)