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    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    vit au rythme de la reconquête de sa dignité. Celle-ci passe par la lutte

    Lucerne, 3juillet(APIC) Avec le gouvernement démocratiquement élu, Haïti

    contre la malnutrition pour laquelle une réforme agraire constitue une exigence de toute première urgence, mais aussi par la lutte contre le déboisement massif et la catastrophe écologique qui a suivi. Caritas Suisse estime

    pouvoir profiter du contexte politique favorable pour redoubler d’ardeur en

    basant ses actions sur des groupements paysans, promoteur de leur propre

    développement. Daniel Stöcklin, collaborateur à Caritas, vient de rentrer

    d’une mission d’information en Haïti. Il livre ses impressions.

    Engagé dans un processus de démocratisation qui a amené l’élection du

    Père Aristide en décembre 1990, Haïti hérite d’un lourd passé: le néocolonialisme de 30 ans de dictature a perpétué des structures socio-économiques

    propres à engendrer la malnutrition qui sévit aujourd’hui. Parmi les maux

    de cette île des Antilles, la répartition inégale de la terre est sans doute la cause la plus directe de la faim: les meilleures terres, sous-utilisées, sont ooccupées par les grands propriétaires, dont l’Etat, qui possède

    le cinquième des surfaces cultivables. Celles-ci se situent en plaine, le

    long des cours d’eau. Il ne reste pour les petits paysans que les terrains

    les plus escarpés. Sans beaucoup d’eau qui plus est.

    Déboiser pour survivre

    Cette situation ne tardera pas à pousser les petits paysans à l’ultime

    recours pour pouvoir survivre: couper les arbres et en faire du charbon qui

    sera acheminé par camions entiers vers Port-au-Prince, la capitale, où il

    sera vendu par morceau pour la cuisine. Les arbres coupés, il ne restait

    plus rien à vendre. D’ou l’exode rural qui a un jour poussé les paysans à

    suivre la route du charbon: les bidoonvilles grossirent d’une masse d’infortunés, qui à leur tour nécessitèrent du charbon... Le cercle vicieux en

    quelque sorte.

    Aujourd’hui, il ne reste plus guère que 2% de la couverture végétale

    qu’aurait pu observer un explorateur débarqué dans l’ìle il y a quelques

    siècles. Dans la région la plus pauvre, appelée "Far-Ouest, les plus démunis en sont réduits à arracher jusqu’aux racines des arbres.

    Mauvaise gestion de l’eau

    Autres raisons pour expliquer la malnutrition: la mauvaise gestion de

    l’eau. Avec la disparition des forêts, les pluies, bien que raréfiées sous

    l’effet du déboisement, entraînent des coulées de terre et de roche, une

    sédimentation qui vient abîmer les lits des rivières et les barrages. Le

    tout causant des ravages aux cultures et finit par enliser le littoral.

    "Nos montagnes montrent leurs os", disent les Haïtiens. L’absence d’un véritable système d’irrigation et de canalisation constitue la pierre d’achoppement d’une agriculture, qui pourtant offre un potentiel certain.

    L’élevage comme alternative

    Pour tenter de remédier à cette situation, Caritas Haïti, avec d’autres

    organismes, mène plusieurs projets agricoles. Dans le sud de l’île, un programme de repeuplement porcin a été mis sur pied. Le porc créole, qui avait

    été décimé par la peste de 1982, constitue en effet une alternative poour

    l’agriculture: c’est "la banque du Haïtien", commentent les paysans. La Caritas diocésaine de Léon s’occupe de la reproduction et vend à bas prix des

    porcs créoles à des groupes de paysans après des cours de formation à

    l’élevage.

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