Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Louvain-la Neuve: Vatican II 30 ans après (220392)

    "Le Concile n’est pas une borne, mais un phare"

    Louvain-la-Neuve, 22 mars(APIC) Comment le Concile Vatican II a-t-il été

    reçu? Peut-on 30 ans après son ouverture dresser un bilan? Quelques aspects

    de ces questions ont fait récemment l’objet d’une journée d’étude à l’Institut "Lumen Gentium" de l’Université catholique de Louvain-la Neuve. Plusieurs acteurs du Concile ont pris part à cette journée.

    On ne saurait évaluer l’impact du Concile Vatican II que sur la longue

    durée avertit le responsable du centre "Lumen Gentium", Claude Soetens. Les

    interprétations peuvent d’ailleurs diverger. Si pour certains le Concile a

    précité nombre de catholiques hors de l’Eglise, d’autres attribuent cet

    exode à l’évolution générale de la société, dont le Concile ne serait qu’un

    des révélateurs. Il est donc nécessaire d’envisager la question sous divers

    angles. La journée d’étude s’est surtout attachée à l’histoire, à la conception de l’Eglise et à la réflexion pastorale.

    Le regard de l’historien

    Pour juger de la réception de Vatican II, il est intéressant de faire la

    comparaison avec les deux conciles oecuméniques qui l’ont précédé: celui de

    Trente (1545-1563) et celui de Vatican I (1869-1870). L’historien Roger Aubert relève que les orientations doctrinales du Concile de Trente n’ont pas

    suscité d’oppositions dans le monde catholique. Pour les aspects disciplinaires, la réception s’est faite en deux étapes: pendant les 25 premières

    années, nombre d’évêques ont pris des initiatives locales inspirées par le

    concile. Mais lors de la génération suivante, on a connu une reprise en

    mains par Rome, dictée par un souci d’efficacité et une crainte de déviations.

    Lors de Vatican I les travaux doctrinaux ont été moins vastes. La pierre

    d’achoppement a été la constitution sur l’Eglise "Pastor aeternus",

    définissant la primauté et l’infaillibilité pontificales. Décision qui a

    d’une part entrainé le schisme vieux-catholique et d’autre part accentué la

    tendance centralisatrice.

    Vatican II n’était pas au départ un concile doctrinal, il s’agissait

    d’une "mise à jour" de toute la vie de l’Eglise. Son assimilation ne peut

    donc se faire que sur une longue durée. Dans l’immédiat, Vatican II a

    suscité la réticence de la Curie et d’un très petit nombre d’évêques. Dans

    la grande majorité, l’accueil des évêques et des fidèles fut favorable.

    Deux tendances sont apparues très vite. Les uns considérant le Concile

    comme un palier où il faut s’arrêter et camper, les autres comme une simple

    étape sur un chemin à poursuivre. La proportion entre ces deux groupes indique le sens de l’évolution. Mais l’évaluation est très délicate: les répercussions varient selon les régions, les niveaux institutionnels, les

    différences entre les positions officielles et la vie concrète, sans oublier le changement de mentalités. Et le professeur Aubert de signaler: "Ne

    faut-il pas rappeler que les conciles qui ont eu une influence sur l’histoire ont été suivis de remous?"

    Le synode de 1985

    En 1985, le pape Jean Paul II a convoqué un synode des évêques à Rome

    pour faire le point des acquis de Vatican II, vingt ans après sa clôture.

    Jan Grootaers, théologien laïc, estime que Jean Paul II insiste souvent sur

    la continuité et considère volontiers le Concile dans son contenu final,

    plutôt que dans son élaboration progressive. Un mouvement de flux et de

    reflux s’est dessiné au sein de l’assembleé des évêques et le rapport final

    a été affaibli en laissant en partie de côté les illustrations nombreuses

    de la fécondité du Concile.

    Dom Emmanuel Lanne, moine de Chevetogne, a abordé la "notion ecclésiologique de réception". la consitution de Vatican II sur l’Eglise dit que

    "l’ensemble des fidèles ne peut faillir dans la foi... grâce au sens surnaturel de la foi" (Lumen gentium,12). Il regrette à ce propos que le code de

    droit canonique de 1983 n’ait pas "reçu" cet appel du Concile. Il se demande aussi si l’encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI (1968), consacrée à la

    régulation des naissances, peut être considérée comme "reçue" par le peuple

    de Dieu.

    En Afrique

    André Kabasele, prêtre zaïrois, parle pour l’Afrique d’une "assimilation

    créatrice" de Vatican II. La période conciliaire a coïncidé avec le mouvement de décolonisation et avec le passage d’un christianisme missionnaire à

    un christianisme africain. Vatican II a rendu possible ce déploiement. Le

    théologien zaïrois évoque "la fierté d’être différent" mais regrette que

    "l’attitude concrète des organes centraux de l’Eglise ne permette pas aux

    Eglises particulières d’avoir une consistance effective", phénomène encore

    accentué par une dépendance financière criante. "Les Eglises africaines

    postconciliaires ne dissocient pas libération et inculturation, modernité

    et tradition, foi et culture, nature et surnature", a-t-il ajouté.

    En Amérique latine

    Luis Martinez, laïc chilien, cite trois domaines où l’influence de Vatican II s’est fait sentir en Amérique latine. Lors de la Conférence des évêques latino-américaine de Medellin en 1968, la pauvreté et la misère sont

    apparues comme un péché et un cri lancé vers Dieu. De là a surgit l’option

    pour les pauvres. L’irruption des pauvres a bouleversé les habitudes de

    l’Eglise. De nombreux martyrs ont scellé ce changement de leur sang. Le

    Concile Vatican II a aussi renforcé l’égalité radicale de tous les croyants. Cela c’est développé par la naissance d’une Eglise de communautés de

    base, une Eglise de communion, de participation. Une nouvelle articulation

    entre communauté et ministère apparaît dans les communautés de base. Les

    pauvres prennent la parole de Dieu pour y lire leur propre histoire.

    La rencontre de l’épiscopat latino-américain à St-Domingue en octobre

    verra sans doute, poursuit-il, le choc entre deux conceptions: celle qui

    voit dans l’Eglise le peuple des pauvres et celle qui n’accepte pas la

    priorité accordée au peuple de Dieu.

    Au terme de cette journée d’étude, le professeur Henri Wattiaux a invité

    à la vigilance pour que l’on ne réduise pas Vatican II à une borne, mais

    qu’on en fasse aussi un phare. (apic/cip/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus