africaine de Jésus-Christ" à la Faculté de Théologie
Louvain-la-Neuve, 8juillet(APIC/CIP) Hier, les premières communautés
chrétiennes ont donné à Jésus les noms de "Seigneur", "Sauveur", "Prince".
Aujourd’hui, des communautés chrétiennes d’Afrique désignent aussi Jésus à
partir de leur propre culture. Un prêtre zaïrois s’est intéressé à ce
phénomène typique d’inculturation.
L’Abbé Lambert Museka-Ntumba, prêtre du diocèse de Kananga, vient de
présenter à la Faculté de Théologie de Louvain-la-Neuve une thèse de doctorat intitulée : "La nomination africaine de Jésus-Christ : quelle christologie ?" Ce travail a été réalisé sous la direction du professeur Gesché de
la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve. Le
professeur Ngindu Mushete, de la Faculté de Théologie de Kinshasa, faisait
partie du jury.
L’auteur de la thèse a bâti sa recherche autour de la question suivante:
que disent en propre les communautés chrétiennes africaines lorsque,
reprenant à leur compte le dogme sur Jésus-Christ hérité de la tradition de
l’Eglise, elles en dépassent les étapes initiales, ne se contentant donc
pas de répéter purement le langage reçu, mais célèbrent aujourd’hui
Jésus-Christ en le nommant de "noms de force" africains des plus variés ?
L’Abbé Museka-Ntumba a notamment mené son enquête chez les Baluba du Kasaï. Il a répertorié quelque 300 "noms de force", avant de montrer que
c’est le profil du "héros sauveur", selon son acceptation africaine spécifique, qui permet le mieux d’exprimer le mystère de Jésus-Christ : JésusChrist est celui qui sauve l’homme en étant, pour cela, à la fois le même
et le tout autre.
Enfin, cette recherche théologique aboutit à la conclusion qu’une telle
nomination africaine de Jésus-Christ provoque aussi les chrétiens d’Afrique
à une pratique salutaire sur leur continent, car elle débouche immédiatement sur un agir libérateur. (apic/cip/bd)