Louvain: doctorat en théologie d’un prêtre ougandais (190793)
Louvain-la-Neuve, 19juillet(APIC) Bâtir des petites communautés chrétiennes est, depuis vingt ans, la première des priorités pastorales pour les
évêques d’Afrique de l’Est. Les résultats, cependant, ne sont pas à la hauteur des espérances. L’abbé Joseph Obunga, prêtre ougandais, vient de consacrer à ce sujet une thèse de doctorat en théologie à l’Université catholique de Louvain.
C’est en 1973 que les évêques membres des Conférences épiscopales
d’Afrique de l’Est ont pris la décision, au sein de leur Association (AMECEA) de miser désormais en priorité sur les petites communautés chrétiennes
pour bâtir l’avenir de l’Eglise.
Prêtre de l’archidiocèse de Kampala, l’abbé Obunga a spécialement porté
son attention sur la vie de ces communautés chrétiennes dans sa région
d’origine. Rappelant les raisons qui ont poussé les évêques africains de
l’Est à mettre en avant la priorité communautaire, analysant de plus l’évolution de l’enseignement épiscopal sur le sujet, le doctorand en retient
que l’expérience n’a réussi que partiellement, mais indique un certain nombre de pistes pour demain.
Pour les évêques, les petites communautés chrétiennes constituent le
moyen le plus sûr de construire une Eglise vraiment africaine et bien enracinée dans la culture et la vie locales. Ces communautés sont appelées à
être des lieux de vie chrétienne et de travail solidaire. Elles doivent
permettre à leurs membres d’y faire l’expérience de vraies relations interpersonelles et d’y éprouver un sentiment d’appartenance commune à la vie
dans les diverses dimensions.
Qu’en est-il sur le terrain? Passant en revue les acquis et les difficultés, l’abbé Obunga constate que la mise en oeuvre de l’option majeure
des évêques d’Afrique de l’Est "n’a réussi que partiellement". "D’une façon
générale, précise-t-il, sa réalisation n’a guère été satisfaisante".
Pistes pour demain
Analysant les priorités pastorales déterminées au niveau de chaque Conférence épiscopale nationale, mais aussi au niveau de quelques diocèses ou
paroisses de la même région africaine, l’abbé Obunga a pu repérer les principaux problèmes qui freinent la mise en oeuvre de la priorité annoncée.
L’objectif de la dissertation ne se limite pas à l’étude du passé. Son
auteur a tiré parti de l’analyse critique des réalisations communautaires
pour mettre en lumière des pistes et des solutions aux problèmes rencontrés.
La première suggestion est "la création d’une équipe d’animation à chaque niveau de l’Eglise (diocèse ou paroisse). Equipe dont le rôle serait de
poursuivre et d’évaluer l’exécution du projet".
Le doctorand s’interroge aussi sur les méthodes pastorales utilisées par
les prêtres dans leur ministère auprès des petites communautés chrétiennes.
Il suggère notamment de revoir certaines planifications et se demande en
quoi la méthode déductive employée pour une présentation à un grand nombre
est peut-être pertinente dans le cadre des petites communautés.
Une troisième piste englobe les moyens de lancer, d’animer et de soutenir une petite communauté chrétienne "au niveau le plus proche possible de
la base". La dernière suggestion découle particulièrement de la précédente:
si l’on sait que les prêtres de demain portent le souci des petites communautés chrétiennes, il importe de "contribuer à la rénovation de la formation donnée au Grand Séminaire", constate-t-il en conclusion. (apic/cippr)