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    Louvain: Congrès de théologiennes (190893)

    "Solidarité, le corps fragile et Dieu"

    Louvain, 19août(APIC) Annelies van Heyst, théologienne néerlandaise, a

    développé mercredi devant 140 autres théologiennes de l’Association européenne des femmes pour la recherche théologique un thème pour le moins original: "Le ’Nous’ dans le ’Moi’; solidarité, le corps fragile et Dieu". Une

    manière pour "raviver la mémoire dangereuse" que nous sommes tous fragiles.

    Depuis le début des temps modernes, a observé la théologienne, les sujets ont développé entre eux une relation contractuelle: les relations humaines ont été considérées comme des contrats. Un inconvénient: ce système

    repose sur le droit du plus fort.

    Sous l’impulsion des mouvements d’émancipation est apparue depuis une

    politique d’identité, dans laquelle celle-ci se définit à partir d’un

    aspect particulier: sexe, couleur, nationalité. Mais, tout en soulignant

    l’appartenance, (positive en un sens), cette politique crée de nouvelles

    formes d’exclusion génératrices de conflits. Pour Annelies van Heyst,

    l’identité ne peut être définie par des étiquettes. Mieux vaut penser, ditelle, "en terme d’identité nomade où selon les rapports de pouvoir dans un

    contexte donné, certains aspects du sujet seront plus ou moins importants".

    La fragilité de la vie

    La théologienne hollandaise suggère une autre façon d’envisager le sujet

    où les liens avec autrui se créent non plus sur la base d’un contrat ou

    d’une identité, mais au niveau de la "fragilité de la vie", commune à tous.

    Celle-ci se traduit par un rejet de ce qui s’oppose à la réalisation de

    soi: la contingence et le destin d’une part et les limites fondamentales de

    la vie, comme la souffrance et la mort, d’autre part. L’objectif est moins

    de s’occuper des autres, fragiles et faibles, que de raviver ce qu’Annelies

    van Heyst appelle "la mémoire dangereuse de ce que nous sommes tous des

    personnes fragiles".

    Le corps est le premier à rappeler cette fragilité. Ce corps que l’on a

    en commun avec les autres est pour la théologienne la base sur laquelle on

    peut se rencontrer et se comprendre. Perçu d’une certaine manière le corps

    peut lui-même être un indicateur de fragilité.

    Le christianisme et la fragilité du corps

    La théologie chrétienne a proposé quelques modes d’expression transpersonnels pour parler de la fragilité de la vie et du corps, notamment dans

    la tradition relative à l’expression religieuse, voire liturgique de la

    Passion du Christ ( chemins de croix, Stabat Mater, vies des saints et des

    martyrs ), a rappelé la théologienne. Elle ajoute: "Cette tradition demeure

    importante, conclut-elle. "C’est une porte pour entrer en contact avec la

    douleur et la mort en tant qu’aspects de la vie".

    Le colloque des théologiennes à Louvain a reçu mardi la visite de Mgr

    Vital Vangheluwe, évêque de Bruges et de l’abbé J. Delobel, doyen de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Leuven. Ce dernier a confirmé la nomination d’Annelies van Heyst à une chaire de théologie féministe de l’Université catholique flamande. (apic/cip/ba)

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