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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    l’Europe, qui se tiendra à Rome du 28 novembre au 14 décembre, le Père Jan

    Louvain, 25novembre(APIC) A quelques jours du Synode des évêques sur

    Kerkhofs, jésuite, sociologue de la religion et professeur émérite à

    l’Université catholique de Louvain (KUL), a accordé une interview sur ses

    attentes quant au Synode. Il parle des défis posés à l’Eglise par

    l’unification de l’Europe, ds chances à saisir et des difficultés à

    surmonter dans les quinze prochaines années.

    "Il ne faut pas faire un mythe de l’unification de l’Europe", avertit

    d’emblée Jan Kerkhofs. "Dans les faits, cela va prendre du temps. Il faudra

    sans doute une dizaine d’année pour mettre au point et appliquer toute une

    série de mesures sociales. Il faudra également du temps pour élaborer un

    système européen de défense".

    En attendant, l’unité de l’Europe sur le plan économique est

    prioritaire, souligne le religieux jésuite. La chute du communisme ouvre

    manifestement des possibilités nouvelles. Mais la réalité ne correspond pas

    pour autant aux espoirs que l’on entrevoit. Le sociologue louvaniste se

    dit, à cet égard, "modérément optimiste".

    Trois défis

    Selon le Père Kerkhofs, le premier défi posé par l’unification de

    l’Europe concerne la disparité des ressources existant entre les diverses

    régions européenne, tant à l’Est qu’à l’Ouest". Un deuxième défi, ne pas

    "créer un vide" en Europe centrale. Troisième défi, favoriser la solidarité

    de

    l’Europe avec le Moyen Orient et l’Afrique noire. L’Asie, remarque le

    jésuite, ne s’intéresse pratiquement pas à l’Afrique. L’Amérique n’y trouve

    qu’un intérêt d’un point de vue géopolitique, notamment à cause de

    l’Afrique du Sud. "Seule l’Europe s’intéresse à l’Afrique comme telle. Ce

    que les Européens feront dans les prochaines années sera, par conséquent,

    déterminant pour l’avenir de l’Afrique".

    Jan Kerkhofs insiste sur l’urgence de ces trois défis: "Des solutions

    doivent être trouvées dans les quinze prochaines années. Or ce ne sera

    facile ni pour l’Europe ni pour l’Eglise. D’abord parce que les problèmes

    posés ne peuvent se résoudre à l’échelle d’un diocèse ou d’une paroisse.

    Ensuite parce que, même parmi les chrétiens, peu sont conscients des

    responsabilités de l’Europe à l’égard d’autres régions du monde".

    Sur le plan mondial, le sociologue louvaniste attend de l’Europe qu’elle

    veille au dialogue sur les droits de l’homme et promeuve, en matière de

    justice, l’attention aux aspects juridiques et éthiques. A cette fin, les

    Européens doivent pouvoir compter sur l’appui des Eglises.

    Un poumon plus malade que l’autre

    Le paysage ecclésial en Europe "n’est guère plus homogène à l’Est qu’à

    l’Ouest. Le poumon oriental de l’Europe me paraît plus malade que le poumon

    occidental. A l’Est, à l’exception de la Pologne, le nombre de personnes

    qui

    se disent chrétiennes est très inférieur à celui qu’on ttrouve à l’Ouest et

    l’attitude à l’égard de l’Eglise est plus souvent négative".

    "En Union soviétique, les gens n’ont guère eu l’occasion d’apprendre à

    porter des responsabilités. Ils ne sont donc pas préparés à agir de manière

    autonome. Leur théologie est sous-développée. Ils ont à peine découvert les

    orientations du Concile Vatican II. Le clergé a vielli, et l’on est pas

    convaincu là-bas que la femme peut se voir confier des responsabilités dans

    l’Eglise". C’est, pour le sociologue, le résultat de l’empire exercé par le

    type d’homme, "Homo sovieticus", qui a été façonné par le comminisme en

    Europe de l’Est.

    "Les pesécutions et la répression exercée par les services secrets ont

    créé tout un climat de méfiance jusque dans les Eglises. Ceci a

    considérablement retardé le développement d’une opinion publique de la part

    des chrétiens, ainsi que la création d’organes de concertation proprement

    ecclésiaux. Le résultat est que nombreux sont les fidèles qui trouvent

    l’Eglise trop cléricale".

    S’ajoutent à tout cela les tensions entre les Eglises, en particulier

    entre l’Eglise catholique très attachée, et l’Eglise orthodoxe russe, au

    sein de laquelle les divergences sont également perceptibles.

    Une plus grande collaboration

    Etant données les divergences observées entre les Eglises d’Europe, il

    serait illusoire de penser, affirme Jan Kerkhofs, que les chrétiens de

    l’Ouest ont tout à apprendre à ceux de l’Ouest. Ils peuvent certainement,

    par des témoignages concrets, apprendre les uns des autres comment vivre et

    témoigner de l’Evangile dans une société sécularisée. Ils peuvent donc

    s’enrichir mutuellement, en échangeant leurs expériences. "Mais

    n’entretenons pas l’illusion que la Terre Sainte va soudain se transplanter

    en Europe et donner une âme à ce continent. Cette âme, il nous faudra la

    trouver nous-mêmes".

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