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    Organiser la coresponsabilité des prêtres et des laïcs

    Louvain: 16e Colloque Européen des Paroisses (080791)

    Heverlee (Louvain), 8juillet(APIC) Pour remplir pleinement sa vocation,

    la paroisse doit organiser le partage des responsabilités entre laïcs et

    prêtres. C’est une des conclusions du 16e Colloque Européen des Paroisses

    (CEP), qui s’est tenu à Heverlee (Louvain) sur le thème: "Paroisses dans le

    monde moderne: partage de responsabilités au service des hommes".

    Le Colloque qui s’est conclu le 5 juillet a rassemblé 320 participants

    venus de douze pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est: Suisse, Allemagne,

    Belgique, Pays-Bas, France, Espagne, Portugal, Italie, Angleterre, Hongrie,

    Pologne et Tchécoslovaquie. Les travaux, présidés par l’abbé Jean-Marie Delor, vicaire général du diocèse de Tournai, ont permis de s’interroger sur

    la raison d’être de la paroisse dans un monde en mutation constante et de

    redéfinir son rôle dans une société multiforme.

    La paroisse a sa raison d’être au service des hommes dans un monde en

    évolution, les participants l’ont redit tout au long du Colloque. Il faut

    cependant prendre en compte deux éléments nouveaux, qui modifient le regard

    sur la paroisse: le surgissement de "beaucoup de petites communautés

    souvent en marge de la structure paroissiale"; une prise de conscience plus

    grande par les laïcs de leur vocation de baptisé/confirmé.

    Les participants ont tiré les conséquences de l’évolution de la société

    sur la structure paroissiale: la paroisse doit rester ouverte à tous en même temps qu’elle encourage l’éclosion de groupes; elle doit promouvoir la

    coresponsabilité entre prêtres et laïcs, dans le respect mutuel et au service de tous; elle doit favoriser des modèles de collaboration où le spirituel a sa place et recourir à des modes de décision qui facilitent le consensus; enfin la paroisse a besoin de personnes humainement et théologiquement formées capables d’accompagner les hommes dans leur recherche de sens.

    Trois voeux ont été formulés: que l’on redécouvre à tous les niveaux les

    textes de Vatican II; que le souci de l’organisation de la paroisse ne fasse pas oublier l’Evangile et ses exigences; enfin que les évêques "ne piétinent pas les nombreux germes d’une Eglise qui ne demande qu’à pousser".

    Ainsi la paroisse restera un lieu de rencontre et de consensus.

    Une autre approche, plus théologique, a été soulevée par Simon Knaebel,

    professeur de théologie pastorale à l’Université de Strasbourg: la paroisse

    est pour le croyant la structure immédiate, "la médiation proche de l’universalité de l’Eglise". Plus profondément, la paroisse est le lieu de la

    célébration des sacrements, le lieu ecclésial (communauté) à l’intérieur

    duquel Dieu initie à son salut, "le lieu concret et premier d’incorporation

    à l’Eglise".

    Des tensions fécondes

    Des oppositions - entre structures et personnes, fonctionnement paroissial et vie spirituelle, organisation et prière - ont été signalées au

    cours du colloque. Des tensions qui deviennent fécondes sous la mouvance de

    l’Esprit, observe S. Knaebel: "Que sont les structures sans les personnes

    qu’elles sont destinées à servir? A quoi sert l’organisation paroissiale,

    si elle ne concourt pas à une vie spirituelle plus authentique? Inversément, les personnes ont besoin des structures et la vie spirituelle d’un

    cadre matériel."

    Le fonctionnement de la paroisse ne doit certes pas prendre le pas sur

    sa vocation spirituelle, ont souligné les participants: de même que la vie

    spirituelle a besoin d’un cadre matériel, de même l’organisation paroissiale n’a de sens que si elle concourt à une vie spirituelle authentique.

    Encadré

    A l’origine du C.E.P., il y a la rencontre, en 1958, du cardinal Franz König, archevêque de Vienne, et du curé de St-Séverin, à Paris, le chanoine

    Connan. Le cardinal König déplore le manque de contacts entre les diocèses

    d’Europe. Le P. Connan rassemble alors une dizaine de curés de divers pays.

    Parmi eux, un Suisse, l’abbé François Butty, alors curé du Sacré-Coeur à

    Lausanne.

    Le C.E.P. est un rassemblement libre de personnes portant des responsabilités en paroisse. Regroupement au départ uniquement des prêtres, le colloque s’est ouvert progressivement aux laïcs, aujourd’hui les plus nombreux. Il en était à sa seconde édition belge (après Namur, en 1977) et

    avait pour thème: "Paroisses dans le monde moderne: partage de responsabilités au service des hommes". L’abbé Butty, qui est l’un des fondateurs du

    C.E.P. et fait partie de son comité, était également présent à cette seizième édition. C’est d’ailleurs dans sa paroisse que tout avait commencé :

    60 curés venus de 8 pays s’étaient rassemblés pour la première fois à

    Lausanne en 1961. (apic/cip/sjb)

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