Lourdes : Les évêques français face à l’avenir de l’Europe (291089)
Lourdes, 29octobre(APIC) Devant les évêques français réunis à Lourdes,
Jacques Delors, président de la Commission européenne, a souhaité que les
pays riches fournissent une aide économique aux pays de l’Est qui s’ouvrent
afin que leur révolution politique ne soit pas compromise par un échec économique. Rassemblés dans la cité mariale du 27 au 30 octobre pour leur assemblée plénière annuelle, les évêques ont planché vendredi sur l’avenir de
l’Europe après les interventions de Jacques Delors et de Mgr Gérard Defois,
recteur de l’Université catholique de Lyon.
L’histoire a divisé l’Europe en deux, a rappelé J. Delors. La Communauté
européenne est née d’une volonté de réconciliation,"plus jamais la guerre
entre nous", et d’une nécessité. L’alternative était simple, c’était le déclin ou la survie. Aussi, la construction de l’Europe est-elle une réponse
aux défis du monde moderne. Mais le militant européen devait surtout insister sur une double dimension de l’Europe : pluralisme et ouverture. L’Europe rassemble des pays qui partagent les mêmes problèmes, mais dont les
traditions et les cultures sont diverses, ce qui est une richesse. Ainsi,
construire la Communauté n’exclut pas le respect du pluralisme.
Pour une Communauté européenne ouverte et solidaire
Cette Communauté, par ailleurs, n’a de sens que si elle est ouverte et
solidaire. "Nous devons assumer nos responsabilités de puissances riches, a
lancé le président Delors, aussi bien vis-à-vis des pays du tiers-monde que
des pays d’Europe qui, comme la Pologne ou la Hongrie, verraient leur révolution politique compromise par un échec économique". Et de souhaiter
l’amélioration des relations avec "les autres Europes", afin que l’Europe
"retrouve peu à peu les dimensions de son histoire". C’est ainsi que nous
donnerons à l’Europe "plus de coeur et un peu d’âme", a-t-il conclu.
Pour sa part, Mgr Gérard Defois a envisagé les conséquences de la construction européenne pour l’annonce de l’Evangile. "Avec la Communauté européenne, on découvre de nouveaux rapports à l’économie, au savoir, à l’autre
- aux autres, dans leur diversité -", a-t-il relevé. Le recteur de l’Université catholique de Lyon a encore insisté sur la nécessité de négocier de
façon que la culture d’autrui et l’identité européenne puissent cohabiter
de manière enrichissante. Ceci remet notamment en cause "nos pratiques
d’exclusion, par exemple notre mode d’évaluation scolaire, notre exclusion
du faible ou du non diplômé..."
Le débat qui a suivi l’intervention de Jacques Delors a témoigné de
l’intérêt des évêques de France pour la question européenne, intérêt que le
cardinal Decourtray, président de la Conférence épiscopale exprimait ainsi
au terme de la journée : "J’avais, à priori, beaucoup de gratitude pour le
président Delors; a posteriori, j’en ai plus encore". (apic/mjh/be)