Lourdes: Assemblée plénière des évêques de France (301091)
Lourdes, 30octobre(APIC) Les évêques de France, réunis du 24 au 30 octobre en assemblée plénière à Lourdes, ont condamné dans une déclaration rendue publique mercredi l’agression dont est victime le peuple croate. Dans
un souci de justice, les évêques français ont également demandé que les
droits de la minorité serbe de Croatie soient reconnus et protégés. La
veille, Mgr Marijan Oblak, archevêque de Zadar, invité à Lourdes, avait
lancé un véritable SOS.
De part et d’autre, relèvent les évêques français, ce sont des chrétiens
qui tuent et sont tués dans ce conflit. Conscients de ce fait, les évêques
appellent "à la poursuite de rencontres, préludes à une réconciliation entre les épiscopats orthodoxe et catholique".
Le coeur des Français penche naturellement plutôt vers la Serbie
Mgr Frikart, évêque auxiliaire de Paris, qui a participé à la rédaction
de cette déclaration, a rappelé quelques jalons de l’histoire de ces peuples. "Ils nous aident à comprendre pourquoi le coeur des Français penche
par nature plutôt vers la Serbie". "La Serbie, c’est l’alliée de la France
en 1914; la Croatie, c’est l’alliée des nazis pendant la 2ème guerre mondiale", a souligné Mgr Frikart. Un passé vieux de 40 ans et qui pourtant,
si l’on en croit le document épiscopal, n’est pas mort. "C’est sous l’accusation d’une renaissance du fascisme que la ’prétendue armée fédérale’ a
envahi ce pays. Nous avons le sentiment que l’antifascisme est ici une mauvaise raison qui camoufle une volonté de puissance, au service d’une idéologie largement dépassée, et qui justifie l’écrasement d’un peuple avide de
liberté".
En dépit de tout cela, affirme Mgr Frikart, "la Croatie a droit à son
identité nationale... Il faut tenir compte du passé sans s’y enfermer". La
déclaration de son côté précise : "Si nous (évêques), reconnaissons clairement qu’il y a aujourd’hui agresseurs et agressés, nous sommes également
convaincus qu’il y a d’un côté comme de l’autre, pour une histoire récente,
à demander pardon et pas seulement à pardonner". Les évêques français en
ont enfin appelé aux gouvernements européens pour qu’ils "contribuent à résoudre la crise par des moyens pacifiques en faisant prévaloir l’arbitrage
et le droit". (apic/ecl/be)