Lourdes: Assemblée plénière des évêques de France (291091)
Lourdes, 29octobre(APIC) Mgr Pierre Eyt, archevêque de Bordeaux et délégué suppléant à la prochaine Assemblée spéciale du Synode des évêques sur
l’Europe, a présenté les intentions du Synode aux participants de l’Assemblée plénière des évêques de France qui se tient à Lourdes du 24 au 30 octobre. Il a rappelé quelques uns des jalons posés par Jean Paul II en vue
de cette assemblée. Les évêques se sont ensuite interrogés sur cette "maison commune européenne", terme que Jean paul II a repris de Mikhaïl Gorbatchev. Ils se sont demandés comment, avec qui et pour qui la bâtir.
Pour les évêques rassemblés à Lourdes, le développement économique est
indispensable, mais l’on ne peut fonder un projet de société sur cette seule dimension. La nouvelle Europe doit également prendre en compte les facteurs moraux, culturels, religieux et spirituels. Pour Mgr Claude Dagens,
évêque auxiliaire de Poitiers, la question est de savoir comment lier ces
facteurs à des projets qui soient au service des peuples. Dans cette Europe
spirituelle, il faudra faire place aux différentes identités religieuses:
judaïsme, islam et bouddhisme. Dans le même sens, Mgr Jean Chabert, archevêque de Perpignan, a appelé à "faire droit au phénomème musulman".
L’évêque de Cahors, Mgr Maurice Gaidon, estime que le Synode doit "incarner à sa façon l’espoir de ceux qui pensent que les hommes de demain auront besoin de témoins de prière, d’artistes inspirés, de philosophes"...
et pas seulement de spécialistes en économie. Plusieurs intervenants ont
effectivemenent mis l’accent sur la nécessité de redonner vigueur à la
"pastorale de l’intelligence", à la créativité et à la beauté.
L’Europe de 1993 : fatalité ou chance ?
"Europe, y aura-t-il des hommes sacrifiés ?" Cinq commissions épiscopales se sont penchées sur cette question : celles du monde ouvrier, du monde
rural, des milieux indépendants, des migrants, et de "Justice et Paix". Ce
dossier, qui sortira en librairie dans quelques semaines, a été présenté à
la presse. Parce que demain en Europe, en effet, il risque d’y avoir des
exclus, ce document se veut une "provocation à un débat, à l’espérance, à
l’action". Et ce, "pour que l’Europe de 1993 ne soit pas une fatalité source de malheur pour les plus fragiles, mais une chance pour la justice et la
paix entre les hommes".
On pourrait certes déplorer que ce document ne fasse pas état de la part
prise par les exclus eux-mêmes. En effet, pour que les exclus ne deviennent
pas des assistés, ils doivent devenir "acteurs" de leur propre avenir. Tous
doivent être intéressés à la construction de la "maison européenne". Ainsi
que l’a souligné Mgr Joatton, évêque de St-Etienne, "le progrès des
pauvres sera cause de transformation pour tout le monde". (apic/ecl/be)