Londres: les Eglises d’Afrique australe se prononcent (090392)
Londres, 9 mars(APIC) Devant l’imminence d’une levée totale des sanctions
économiques contre l’Afrique du Sud, des représentants du Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC), de la Conférence des évêques catholiques
d’Afrique australe (SACBC) et autres organismes d’Eglises se sont récemment
rencontrés à Londres afin de discuter d’un code de conduite des sociétés et
des règles éthiques en matière d’investissement.
Selon l’agence de nouvelles des Eglises d’Afrique australe, dont le siège est à Londres, la préoccupation des Eglises s’explique par le fait que
la plupart des chrétiens sud-africains forment une majorité pauvre du pays.
La "nouvelle" Afrique du Sud se penchera-t-elle sur les problèmes - chômage, sans-abri, sans-terre. analphabétisme, malnutrition - hérités de l’hérésie que constitue l’apartheid?
"L’économie est liée à la vie, au développement de la population, mais à
l’opposé, elle peut aussi mener à l’exploitation, a précisé Smangaliso Mikhatshwa, secrétaire général de l’Institut de théologie contextuelle.
Les Eglises rappellent à ceux qui élèvent la théorie de l’économie au
rang de doctrine, que les systèmes économiques ne sont pas une fin en soi
ni des "sphères autonomes régies par des lois naturelles" qui leur seraient
propres.
Au contraire, affirment-elles, "l’activité économique doit être jugée
sur la base de ce qu’elle apporte à tous, en particulier aux pauvres, aux
marginalisés et aux opprimés".
Les Eglises voient en l’établissement d’un gouvernement intérimaire la
solution à la levée des sanctions économiques. Les participants ont exhorté
"les communautés confessionnelles" à coopérer "avec des associations de
travailleurs et de citoyens et des mouvements de libération pour mettre en
place un code des sociétés avec des clauses de contrôle.
L’avertissement aux oeuvres d’entraide
"L’investissement étranger doit être considéré avec prudence", avertit
une déclaration publiée au terme de la rencontre de février, "car il tend à
drainer l’argent hors du pays". Le responsable du SACC, Frank Chikane, a
mis en garde contre les prêts élevés accordés par la Banque Mondiale et le
Fonds Monétaire International, précisant que les conditions économiques
associées à ces prêts pouvaient "priver le peuple de la liberté démocratique du choix".
Lors d’une réunion à Rotterdam, aux Pays-Bas, en janvier dernier, des
universitaires, des hommes d’affaires et des responsables syndicaux ont
averti des représentants d’organismes d’entraide et de développement européens: "la bombe à retardement" que représente la pauvreté dans les bantoustans et les localités noires du pays ne sera pas désamorcée par les
seuls changements politiques.
Le système économique actuel, conçu pour soutenir la politique de
l’apartheid, a été malheureusement impuissant à résoudre les besoins d’une
majorité laissée de côté. Tous les intervenants ont critiqué le mythe selon
lequel le système économique actuel de l’Afrique du Sud est "la locomotive
qui actionnera la transformation économique en Afrique australe". (apicspi/pr)