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    AI déplore les silences de la Commission de l’ONU

    Londres: Droits de l’homme bafoués par les Etats-Unis à Guantanamo Bay

    Londres/Lausanne, 10 mars 2004 (Apic) La Secrétaire générale d’Amnesty International (AI), Irene Khan, a dénoncé mercredi à Genève l’absence de débat sur Guantanamo Bay dans l’ordre du jour des discussions lors de la session de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, le 15 mars prochain.

    Si elle n’agit pas rapidement et de manière efficace, la Commission des droits de l’homme des Nations unies risque de devenir sans objet, estime la secrétaire générale d’AI. Qui rappelle que cette commission a été créée pour défendre les droits humains fondamentaux et dénoncer les violations, où qu’elles se produisent. "Au lieu de cela, la Commission se comporte souvent en entité hautement divisée, adoptant des politiques opportunes et fermant les yeux sur certaines violations qui continuent d’être perpétrées en toute impunité", déplore Irene Khan.

    Des pays dont le bilan en matière de droits humains est affligeant, comme l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Chine, l’Indonésie, la Russie ou le Zimbabwe échappent à tout examen sérieux tandis que la situation scandaleuse des prisonniers détenus à Guantanamo Bay par les Etats-Unis n’apparaît même pas à l’ordre du jour des sessions."

    "Trop souvent, la Commission n’accorde aucune attention aux conclusions et recommandations de ses propres rapporteurs et experts. Trop souvent, les membres de la Commission ont été incapables de faire appliquer les résolutions et recommandations de la Commission, mettant en péril sa crédibilité et diminuant son efficacité". La secrétaire générale d’AI met au défi la Commission de se réformer, d’établir des critères transparents et objectifs de sélection des pays soumis à examen et de mettre en place un système plus efficace de surveillance et d’évaluation de la mise en application des recommandations de la Commission par les différents Etats.

    Les priorités d’Amnesty International

    Au cours des six prochaines semaines, la Commission devrait examiner la situation des droits humains dans quelque vingt pays. Amnesty International appelle la Commission à accorder son attention de toute urgence à la situation en Haïti, où une catastrophe se prépare en matière de droits humains.

    AI appelle également la Commission à accorder une attention particulière à l’Irak, où l’escalade de la violence continue de mettre en danger la vie de populations civiles. L’organisation attire l’attention sur la situation des droits humains au Népal, où l’on observe le plus fort taux de violence depuis 1996 et au Soudan, où de nouveaux combats dans la région du Darfour affectent des dizaines de milliers de personnes.

    Signalant le lancement de la campagne internationale Halte à la violence contre les femmes d’Amnesty International le 5 mars 2004, Irene Khan a demandé aux membres de la Commission d’accorder une attention prioritaire aux femmes et de veiller à ce qu’elles puissent vivre sans avoir à craindre de violences. En 2002, 54 pays avaient encore des lois ouvertement discriminatoires envers les femmes, 79 pays n’avaient aucune loi sanctionnant les violences domestiques et 127 pays n’avaient aucune loi contre le harcèlement sexuel. (apic/com/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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