Ljubljana : Messe solennelle pour les 4’000 miliciens (090790)
"Un grand jour dans l’histoire du peuple slovène", affirme Mgr Sustar
Ljubljana, 9juillet(APIC) Mgr Alois Sustar, métropolite slovène et archevêque de Ljubljana, a présidé dimanche à une messe solennelle à la mémoire
des milliers de miliciens anticommunistes slovènes, les "Slovenski
Domobranci", fusillés en 1945 par les partisans de Tito. L’ancien vicaire
épiscopal de Coire, dans son homélie, a qualifié cet événement de "grand
jour dans l’histoire du peuple slovène" lors de la messe de requiem à Kocevski Rog, près de Kocevje, où des milliers de "Slovenski Domobranci"
trouvèrent la mort.
Plus de 30’000 personnes participaient à la célébration, durant laquelle
le président du Présidium de la République de Slovénie, Milan Kucan, a prononcé une allocution. 75 prêtres - nombre d’entre eux revoyant pour la
première fois leur patrie depuis la fin de la seconde guerre mondiale,
certains venant même d’Australie ou d’Amérique du Sud - ont concélébré avec
Mgr Sustar une messe de requiem pour les victimes, retransmise par la radio
et la télévision de Slovénie.
Des milliers de bougies brûlaient près des grottes où sont enterrés plus
de 4’000 soldats des milices slovènes abattus à la fin de la seconde guerre
mondiale. Formés dans le but de lutter contre les communistes, les "Slovenski Domobranci" ont été fusillés par les partisans yougoslaves dans les
forêts de Kocevski Rog. Les miliciens, après s’être rendus aux Anglais,
avaient été livrés aux partisans.
Longtemps le silence a été gardé sur le sort de ces miliciens slovènes.
L’enterrement symbolique et la messe de requiem les ont réhabilités comme
citoyens égaux en droits aux yeux de la société slovène, a souligné Mgr Sustar dans son homélie. Il a également fait mémoire des victimes de la guerre et de l’après-guerre, des partisans tombés ainsi que des victimes de la
guerre en Croatie, en Serbie et ailleurs. L’archevêque a lancé un appel à
la réconciliation et à la reconstruction pour un avenir meilleur.
Le président du Présidium de la République de Slovénie, Milan Kucan, a
quant à lui appelé ses compatriotes à la tolérance, à la compréhension et à
la réconciliation avec leur propre passé. "Notre passé ne peut pas être modifié et ne doit pas être passé sous silence. Il est maintenant temps d’empêcher qu’il continue à peser sur notre vie et notre avenir. Pourquoi
devrions-nous rester ennemis alors que le monde, dont nous sommes partie
intégrante, devient toujours plus libre et plus uni?", a-t-il relevé.
(apic/gri/gbr/cor)